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Le politologue Philippe Méchet révèle que l'idée des 35 heures viendrait de Dominique Strauss-Kahn, et non de Martine Aubry, qui la trouvait initialement « complètement idiote » avant de la mettre en œuvre en tant que ministre.

Le politologue Philippe Méchet a récemment ravivé le débat sur les origines des 35 heures, une mesure emblématique de la gauche française. Selon lui, cette idée émanait de Dominique Strauss-Kahn, et non de Martine Aubry, comme souvent imaginé. Il révèle que Martine Aubry elle-même considérait la proposition comme « complètement idiote » à l’époque.

À l’approche des élections législatives de 1997, le Parti Socialiste (PS) aurait articulé sa stratégie autour de deux mesures phares : les 35 heures et les « emplois jeunes ». Cette approche, jugée « sensée » par Méchet pour une campagne courte, visait à concentrer le débat public sur des propositions claires. Le politologue rapporte les propos de Martine Aubry en 1996, qui qualifiait alors la stratégie du PS de « n’importe quoi » concernant les 35 heures.

Pourtant, c’est bien Martine Aubry qui, une fois nommée ministre de l’Emploi et de la Solidarité, a porté et mis en œuvre la loi visant à réduire le temps de travail hebdomadaire de 39 à 35 heures, promulguée le 13 juin 1998. Elle est depuis restée, dans l’imaginaire collectif, comme « la dame des 35 heures ». Philippe Méchet insiste sur le fait qu’elle aurait simplement appliqué la mesure en « bonne élève », l’idée originelle venant de DSK, figure pourtant perçue comme plus libérale au sein du PS.

La loi sur les 35 heures, également connue sous le nom de « loi Aubry », est entrée en vigueur le 1er janvier 2000 pour les entreprises de plus de 20 salariés, et le 1er janvier 2002 pour toutes les entreprises. Son objectif principal était la création d’emplois et la lutte contre le chômage, qui atteignait alors environ 12 %.