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Le procès de la collision ferroviaire de Tempé, la plus meurtrière de l'histoire de la Grèce avec 57 morts, s'est ouvert ce lundi à Larissa. Trente-six personnes, dont d'anciens responsables des chemins de fer, sont jugées dans un climat tendu, trois ans après le drame qui a révélé de graves défaillances du réseau.

Trois ans après la catastrophe ferroviaire la plus meurtrière de Grèce, le procès de trente-six personnes, dont d’anciens responsables des chemins de fer, s’est ouvert ce lundi 23 mars à Larissa, dans une ambiance de vive tension. La cour de Larissa, située en Thessalie, au centre du pays, doit faire la lumière sur les responsabilités entourant la collision frontale survenue le 28 février 2023. Cet accident tragique avait causé la mort de 57 personnes et blessé des dizaines d’autres.

Le soir du drame, dans la vallée de Tempé, un train de marchandises avait percuté de plein fouet un train de voyageurs transportant environ 350 passagers d’Athènes à Thessalonique. Les deux convois avaient circulé sur la même voie pendant plus de dix minutes sans qu’aucun système d’alarme ne se déclenche, exposant les failles de sécurité alarmantes du réseau ferroviaire grec. Ces défaillances, résultat d’années de gestion négligente et de systèmes de signalisation vétustes, n’avaient pas été corrigées malgré d’importants fonds européens alloués à la modernisation et les avertissements répétés des syndicats.

Avant l’ouverture du procès, la colère des parents de victimes s’est exprimée face aux lacunes de l’enquête. Plusieurs affirment, preuves à l’appui d’appels téléphoniques déchirants, que leurs enfants n’ont pas succombé au choc initial, mais ont péri brûlés vifs après la collision. Maria Karystianou, mère d’une victime de 19 ans, a déclaré devant les journalistes : « Pour la mort de mon enfant, qui a été brûlé vif, il n’y a eu ni enquête ni accusé. C’est quelque chose de très très lourd à porter. » Elle a annoncé son intention de lancer un parti politique pour que la vérité éclate. Pavlos Aslanidis, président de l’Association des familles de victimes, a exigé une « punition exemplaire » des responsables, soulignant la frustration générale qu’« après trois ans, personne n’est en prison. »

Parmi les accusés figurent le chef de gare de Larissa en fonction ce soir-là, Vassilios Samaras, interpellé le lendemain de l’accident, ainsi que deux autres chefs de gare ayant quitté leur poste avant la fin de leur service. Des cadres et employés de l’Organisme des chemins de fer de Grèce (OSE), des hauts fonctionnaires du ministère des Transports, et des responsables de la compagnie Hellenic Train, filiale des chemins de fer italiens, sont également jugés. L’absence de responsables politiques sur le banc des accusés alimente la rancœur, l’opposition ayant accusé le gouvernement de Kyriakos Mitsotakis de « couvrir les responsables du crime de Tempé ». Des preuves cruciales auraient disparu après que le site de l’accident a été rasé au bulldozer quelques jours seulement après la collision.

Le procès, déplacé dans l’enceinte de l’Université de Larissa en raison de l’affluence attendue, devrait durer deux ans et entendre au moins 352 témoins, dont des survivants de la collision. Une grève des cheminots a immobilisé le réseau ferroviaire grec ce lundi, symbolisant un acte de « mémoire collective et de protestation ».