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Le détroit d'Ormuz est le théâtre d'une bataille navale asymétrique depuis le blocus iranien, conséquence de l'opération « Fureur épique ». Donald Trump cherche un soutien international pour débloquer ce point clé du commerce mondial. L'Iran, fidèle à sa doctrine de 2006, utilise cette stratégie pour faire pression sur l'économie mondiale. Les coûts de transport et l'approvisionnement énergétique sont déjà impactés.

Depuis le dimanche 15 mars, le président américain, Donald Trump, a lancé un appel à ses alliés pour obtenir un soutien militaire afin de lever le blocus du détroit d’Ormuz. Cette initiative, jugée risquée, n’a pour l’instant pas porté ses fruits. Alors que l’opération « Fureur épique », menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran, entame son dix-neuvième jour, ce point stratégique de l’économie mondiale est le théâtre d’une bataille navale asymétrique à l’issue incertaine.

Le blocus du détroit d’Ormuz par l’Iran, qui paralyse 20 % du trafic pétrolier mondial, est une doctrine planifiée depuis 20 ans par Téhéran. En effet, la menace de fermeture de ce détroit est une stratégie que l’Iran a formulée par écrit dès 2006. L’expert Sylvain Domergue, professeur à Sciences Po Bordeaux, explique que la mort de l’ayatollah Ali Khamenei, le Guide suprême, a poussé les Iraniens à recourir à l’option maximale : le blocage du détroit d’Ormuz, faute de posséder l’arme nucléaire. Cette stratégie de déni d’accès maritime s’appuie sur une « triade dissuasive » incluant des mines, des missiles antinavires et des attaques de drones, rendant le passage extrêmement périlleux pour la navigation commerciale.

Les conséquences de ce blocus sont déjà visibles. Le trafic maritime a drastiquement chuté, et les primes d’assurance pour les navires ont explosé, incitant de nombreuses compagnies à détourner leurs routes, allongeant ainsi les délais et augmentant les coûts de transport. L’économie mondiale, notamment les grands importateurs de pétrole et de gaz comme la Chine, l’Inde, le Japon et la Corée du Sud, est particulièrement exposée à cette crise énergétique. Face à cette situation tendue, les États-Unis ont bombardé des sites iraniens de missiles près du détroit d’Ormuz, mais le président Trump a ensuite exprimé son agacement face au manque de soutien de ses alliés pour débloquer la situation.