
L’escalade des tensions entre l’Iran et les États-Unis, combinée à l’implication d’Israël, a des répercussions complexes sur la scène géopolitique mondiale, impactant directement les intérêts russes. Paradoxalement, cette crise profite à court terme à la Russie de Vladimir Poutine. L’autorisation accordée par Washington à l’Inde, le 4 mars, de s’approvisionner en pétrole russe, ainsi que la considération d’une levée élargie des sanctions sur l’or noir russe par le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, sont des signes clairs. Ces ouvertures visent à « soulager le marché » et coïncident avec une hausse des cours, offrant un répit à une économie russe fragilisée par les sanctions post-Ukraine qui l’obligeaient à vendre son pétrole à prix cassés, ses revenus ayant atteint leur plus bas niveau en cinq ans en janvier.
Cependant, cet effet d’aubaine est à double tranchant pour Moscou. Engagé dans un conflit ukrainien interminable, Vladimir Poutine voit son influence mondiale mise à l’épreuve. La chute du régime de Bachar Al-Assad en Syrie en décembre 2024, que la Russie avait pourtant aidé à maintenir, a été une première illustration de ces limites. Plus récemment, la capture de Nicolas Maduro au Venezuela par l’armée américaine en janvier a privé la Russie d’un point d’appui stratégique dans les Caraïbes. Le « néo-impérialisme » de Donald Trump menace désormais Cuba, un autre allié historique.
La guerre actuelle contre l’Iran, impliquant également les États-Unis depuis juin 2025, éclipse malheureusement le conflit ukrainien et pèse sur les stocks d’armes antiaériennes américaines, si cruciales pour Kiev. L’incapacité de Moscou à soutenir efficacement son allié iranien face aux frappes sans précédent, malgré l’expérience iranienne en matière de drones, souligne l’affaiblissement de son soutien. Les informations minimisées par le Pentagone concernant une aide russe au renseignement pour cibler les forces américaines en Iran n’ont pas empêché un échange téléphonique « bon et positif » entre les présidents américain et russe, montrant une complexité dans les relations.
Ces événements successifs rappellent la formule de Barack Obama en 2014 qualifiant la Russie de « puissance régionale ». Plus d’une décennie après l’annexion de la Crimée, cette succession de revers interroge la valeur du « soutien indéfectible » promis par Vladimir Poutine au nouveau Guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei. L’impact de cette guerre sur l’économie mondiale et la géopolitique des hydrocarbures reste un enjeu majeur, avec des conséquences imprévues pour toutes les parties.






