
Les cours du pétrole ont connu une nette hausse ce lundi, suite à l’annulation des pourparlers entre l’Iran et les États-Unis. Cette situation engendre une forte inquiétude quant à une éventuelle paralysie prolongée du détroit d’Ormuz, point stratégique majeur pour le transit pétrolier mondial. Vers 09H40 GMT, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en juin a grimpé de 2,51% pour atteindre 107,97 dollars. Le West Texas Intermediate (WTI), son équivalent américain, a également bondi de 2,17%, s’établissant à 96,45 dollars pour la même échéance.
La tension est montée d’un cran ce week-end après la décision du président américain d’annuler le déplacement de son gendre Jared Kushner et de son envoyé spécial Steve Witkoff au Pakistan. Le président a déclaré qu’il n’y aurait plus de négociations directes avec l’Iran, invitant Téhéran à prendre l’initiative s’il souhaite reprendre le dialogue. En réponse, le ministre iranien des Affaires étrangères a imputé l’échec des pourparlers aux « exigences excessives » des États-Unis.
Selon le média américain Axios, l’Iran aurait pourtant soumis une nouvelle proposition aux États-Unis, visant à la réouverture du détroit d’Ormuz et à la fin de la guerre, en envisageant des négociations sur le dossier nucléaire ultérieurement. Cependant, sans un accord rapide, le déficit de l’offre pétrolière mondiale s’accentue. Les analystes ne croient plus à une résolution rapide du conflit ni à une prompte réouverture du détroit d’Ormuz, comme le souligne Arne Lohmann Rasmussen de Global Risk Management. Les experts d’ING confirment que « l’absence de progrès signifie que le marché se resserre de jour en jour, ce qui oblige les prix du pétrole à se réajuster à la hausse ».
Ole R. Hvalbye de SEB avertit qu’une non-réouverture du détroit d’Ormuz avant juin ou juillet pourrait déclencher une « véritable crise ». Selon le groupe Gunvor, la demande pétrolière mondiale aurait déjà diminué de près de 5% (soit 5 Mb/j), ce qui équivaut à une réduction directe de l’activité économique mondiale. Cette situation met en lumière la fragilité des marchés face aux incertitudes géopolitiques dans la région du Moyen-Orient.








