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Face à l'enracinement du régime des mollahs, les États-Unis de Donald Trump et Israël envisagent de s'appuyer sur la mosaïque ethnique iranienne, notamment les Kurdes et les Baloutches, pour affaiblir Téhéran. Cette stratégie, bien que potentiellement déstabilisatrice, vise à provoquer un soulèvement interne, malgré les risques de fragmentation du pays.

La stratégie américaine et israélienne face à l’Iran semble s’orienter vers l’exploitation des divisions ethniques internes du pays. En l’absence de troupes au sol, l’idée de s’appuyer sur les nombreuses minorités iraniennes, telles que les Kurdes, pour déstabiliser le régime des mollahs prend de l’ampleur. Ce scénario rappelle l’intervention en Afghanistan en 2001 avec l’Alliance du Nord, ou l’utilisation des forces kurdes en Irak en 2003.

Des informations récentes de CNN, démenties par la Maison-Blanche, indiquent que la CIA envisagerait de collaborer avec des groupes armés kurdes pour provoquer un soulèvement populaire en Iran. Ces groupes kurdes, principalement situés à la frontière irako-iranienne, pourraient recevoir un soutien militaire des États-Unis et d’Israël, avec l’objectif de créer un front intérieur pour affronter les forces de sécurité iraniennes et faciliter la contestation des citoyens non armés dans les grandes villes du pays.

L’Iran est une mosaïque ethnique complexe, composée majoritairement de Perses (environ 51%), mais aussi d’Azéris (près d’un quart), de Kurdes, d’Arabes, de Baloutches et de Turkmènes. Les régions périphériques du pays, où vivent ces minorités, sont souvent le théâtre de discriminations économiques, religieuses et politiques, entretenant un potentiel de fragmentation. Les États-Unis ont déjà manifesté leur volonté de soutenir ces minorités dans le cadre d’une stratégie de changement de régime. Cependant, cette approche est risquée et pourrait raviver les tensions ethniques, menaçant l’unité territoriale de l’Iran et déstabilisant davantage la région, comme le craignent des pays voisins tels que la Turquie.

En parallèle, Donald Trump a également appelé les minorités iraniennes, notamment les Baloutches, à se soulever contre le régime. Les Baloutches, présents à la frontière avec le Pakistan et l’Afghanistan, sont animés par un fort sentiment d’irrédentisme. Bien que tentante pour Washington et Tel-Aviv, cette stratégie s’inscrit dans un contexte où le soutien à la guerre en Iran est faible au sein de l’électorat américain, et où la décapitation du régime par l’élimination de ses dirigeants a montré ses limites par le passé.