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Le gouvernement allemand a convoqué les dirigeants de la Berlinale après des accusations de complicité de « génocide » envers les Palestiniens, ravivant les tensions.

Le gouvernement allemand a annoncé la convocation des dirigeants de la société mère de la Berlinale, suite à des propos controversés tenus lors de la cérémonie de clôture. Le réalisateur syro-palestinien Abdallah Al-Khatib a accusé l’Allemagne de complicité de « génocide » à l’égard des Palestiniens en raison de son soutien à Israël. Cette réunion extraordinaire du conseil de surveillance de la KBB, la société mère du festival, aura lieu à l’initiative du ministre de la Culture, Wolfram Weimer, qui en assure la présidence.

Un porte-parole du gouvernement a indiqué que cette rencontre se concentrerait sur « l’orientation future » du festival, actuellement dirigé par Tricia Tuttle. Le ministère a cependant refusé de commenter davantage les « spéculations » entourant cet événement. Cette édition de la Berlinale, la deuxième sous la direction de Tricia Tuttle, 56 ans, a été marquée par de vifs débats concernant le positionnement politique des cinéastes, en particulier à l’aune du conflit au Proche-Orient.

Plus de 80 professionnels du cinéma, dont des personnalités comme Javier Bardem et Tilda Swinton, avaient déjà critiqué le « silence » du festival sur la guerre à Gaza, allant jusqu’à l’accuser de censurer les artistes dénonçant ce qu’ils qualifient de « génocide » commis par Israël à Gaza. Tricia Tuttle a formellement démenti ces allégations.

Le discours d’Abdallah Al-Khatib, récompensé pour son film Chronicles From the Siege, a incité le ministre social-démocrate de l’Environnement, Carsten Schneider, seul représentant gouvernemental présent, à quitter la salle. Le ministre Weimer reprocherait également à Mme Tuttle une photo la montrant avec l’équipe du film, entourée d’hommes portant des keffiehs et brandissant un drapeau palestinien, accentuant ainsi les tensions politiques autour de l’événement.