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La piétonnisation des centres-villes, censée revitaliser, est accusée par les commerçants d'être la cause de leur déclin. Difficultés de stationnement et concurrence des zones périphériques vident les boutiques. Une réalité qui interpelle.

La piétonnisation des centres-villes, souvent présentée comme une solution pour améliorer la qualité de vie urbaine, est de plus en plus pointée du doigt par les commerçants qui y voient la cause de leurs difficultés. Au Mans, l’aménagement urbain qui privilégie les piétons au détriment de la circulation automobile suscite un vif débat. Devant un bar-tabac de la rue Nationale, une artère centrale, les clients se garent en double file, une image révélatrice des contraintes imposées aux automobilistes. La patronne de l’établissement et son époux expriment leur frustration, estimant que ces politiques mènent à des «centres-villes morts».

Dans l’hypercentre du Mans, presque entièrement réservé aux piétons, le spectacle est contrasté. Tandis que certains résidents profitent de la tranquillité, d’autres doivent recourir aux parkings payants qui encerclent la zone. La question du commerce en centre-ville s’impose naturellement dans le débat municipal. Une candidate du Rassemblement national a clairement posé le problème : l’impossibilité de se garer facilement ou le coût élevé des parkings découragent les consommateurs, entraînant la fermeture des commerces. Cette analyse est partagée par de nombreux habitants et commerçants, qui se sentent pénalisés par ces choix d’aménagement.

Les centres-villes, avec leurs chicanes et ralentisseurs abusifs, perdent de leur attrait face aux zones d’activité commerciale périphériques. Ces dernières offrent des prix compétitifs, des parkings gratuits et une facilité d’accès que les centres historiques ne peuvent plus garantir. Les mobilités douces, bien qu’écologiques, sont perçues comme autoritaires, voire dangereuses, notamment avec la prolifération des livreurs à vélo. De plus, la concurrence d’Internet, où les mêmes produits sont souvent moins chers et livrés à domicile, achève de vider les rues commerçantes. Le coût du stationnement en ville peut même dépasser celui de la livraison, rendant l’expérience d’achat en ligne bien plus attractive. Les centres-villes, autrefois lieux de vie et d’échanges, semblent avoir conservé uniquement les désagréments, avec une offre commerciale qui ne se distingue plus.