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Israël, autrefois épargné par le trafic de drogue, a vu son paysage changer après 1967. L'occupation, la culture psychédélique et la guerre du Liban ont ouvert de nouvelles routes.

Longtemps préservée, la société israélienne a vu son rapport aux stupéfiants évoluer de manière significative. Si les premiers sionistes rejetaient le haschich, l’associant à une « décadence » arabe, l’occupation de Jérusalem-Est, de la Cisjordanie et de la bande de Gaza en 1967 a marqué un tournant. Cette période a favorisé l’émergence d’une culture psychédélique, largement influencée par les États-Unis.

Le « pèlerinage stupéfiant » en Inde est devenu une étape quasi rituelle pour de nombreux jeunes Israéliens, notamment entre la fin de leur service militaire et le début de leur vie professionnelle. Cette pratique a contribué à l’ouverture du pays à des substances illicites et à l’établissement de nouvelles routes de trafic.

L’invasion israélienne du Liban en 1982 a accentué ce phénomène, connectant directement les zones de production de haschich libanaises au marché israélien. Dès l’année suivante, ce ne sont pas moins de 700 tonnes de haschich qui ont été importées illégalement. L’ampleur de ce trafic a parfois impliqué des officiers israéliens, des réseaux transfrontaliers étant régulièrement démantelés par les autorités. La situation s’est complexifiée avec l’implication du Hezbollah, la milice pro-iranienne, dans ces trafics, entraînant une intensification de la répression jusqu’au retrait israélien du Liban en 2000. Cette période a mis en lumière la vulnérabilité croissante d’Israël face à la criminalité organisée liée aux drogues.