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Les sténoses du larynx, séquelles graves de l'intubation prolongée, sont en hausse de 15% depuis la pandémie de Covid-19, selon la HAS, impactant la respiration des patients.

Les sténoses du larynx, caractérisées par un rétrécissement des voies respiratoires, représentent une séquelle grave et encore méconnue de la réanimation. Leur fréquence est en nette augmentation depuis la pandémie de Covid-19, avec une hausse estimée à 15 % entre 2020 et 2024, d’après les données de la Haute Autorité de santé (HAS). Cette recrudescence est principalement attribuée au nombre élevé de patients ayant nécessité une intubation prolongée en réanimation.

Les symptômes de cette affection peuvent inclure un essoufflement, un sifflement aigu lors de la respiration, une toux persistante, et plus rarement, des changements dans la voix. Bien que ces manifestations puissent sembler anodines, elles signalent un problème respiratoire sérieux qui nécessite une attention médicale. Le professeur Stéphane Hans, chef du service ORL de l’hôpital Foch, confirme cette tendance. « Chiffrer exactement le nombre de sténoses supplémentaires causées par les suites du Covid est difficile, mais il est certain que nous observons une augmentation du nombre de cas dans nos consultations », souligne-t-il, mettant en évidence l’impact indirect mais significatif de la crise sanitaire.

Le lien entre l’intubation et l’apparition d’une sténose laryngée est bien établi. La sonde d’intubation, en contact prolongé avec les tissus, provoque une irritation et une inflammation au niveau des cartilages aryténoïdes, situés à l’arrière des cordes vocales. Cette inflammation chronique peut entraîner une cicatrisation fibreuse et un rétrécissement progressif du larynx, rendant la respiration de plus en plus difficile. Si le Covid-19 n’est pas directement la cause des sténoses, il a indirectement favorisé leur apparition en multipliant les cas d’intubation longue durée.