Bernadette-Chirac-Sarran
Le village corrézien de Sarran pleure Bernadette Chirac, décédée à 93 ans. Élue locale pendant un demi-siècle et ex-Première dame, elle a marqué la région par son engagement politique et humanitaire, laissant un souvenir ému d'une femme de caractère. Un registre de condoléances est ouvert au musée Jacques Chirac.

Le village de Sarran, en Corrèze, est empreint d’une émotion particulière suite à l’annonce du décès de Bernadette Chirac, survenu vendredi soir à l’âge de 93 ans. Ancienne Première dame et figure politique locale, elle a marqué le territoire de son empreinte durant un demi-siècle. Dans cette commune de moins de trois cents habitants, où elle fut élue pendant de nombreuses années, la nouvelle résonne bien au-delà d’une simple information nationale, touchant la mémoire locale et la fierté d’un territoire qui a longtemps bénéficié de la visibilité apportée par le couple Chirac.

Devant le musée du président Jacques Chirac, les visiteurs découvrent la triste nouvelle et certains, comme Corinne Langlade, une retraitée d’Auvergne, déposent quelques lignes émues dans le registre de condoléances. Elle y salue « la classe, la discrétion, l’intelligence, une force sympathique et qui a été un honneur pour nous ». Les cloches de l’église ont même sonné en son honneur.

Bernadette Chirac n’était pas seulement l’épouse d’un président ; elle fut une élue de terrain, ancrée en Corrèze dès 1971 comme conseillère municipale de Sarran et adjointe au maire jusqu’en 2020. Elle a également été conseillère générale de la Corrèze de 1979 à 2015, devenant la première femme à siéger à l’assemblée départementale. Son engagement et sa pugnacité lui ont valu d’être considérée par certains comme le « meilleur homme politique de la Corrèze ». Monique, du restaurant-épicerie Patati Patata, la décrit comme une « femme forte, qui ne se laissait pas faire ».

Le château de Bity, acquis par le couple en 1969, était son refuge en Corrèze, un lieu chargé de souvenirs où elle continuait de se rendre régulièrement. La maire de Sarran, Agnès Audureau, qui a partagé plusieurs mandats avec elle, se souvient d’une « Corrézienne de cœur » qui aimait le côté « terrien sincère » des habitants. Elle n’a jamais hésité à défendre les dossiers locaux, allant « au bout du bout » pour ses projets.

Au-delà de son rôle local, Bernadette Chirac s’est illustrée par son engagement humanitaire, notamment à la tête de la Fondation des Hôpitaux de Paris-Hôpitaux de France, organisant l’opération Pièces Jaunes pour améliorer les conditions d’hospitalisation des enfants. Sa disparition laisse un grand vide, mais son héritage politique et caritatif demeure profondément ancré en Corrèze et dans le cœur des Français.