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Bruxelles veut imposer une nouvelle taxe carbone sur les carburants et le fioul. Craignant une nouvelle crise sociale, le gouvernement français repousse discrètement la réforme après 2027.

Bruxelles s’apprête à imposer aux États membres de l’Union européenne l’instauration d’un nouveau surcoût sur des produits essentiels tels que le carburant et le fioul. Cette directive européenne, visant à étendre le marché carbone (souvent désignée par son acronyme SEQE 2 ou ETS2 en anglais), oblige les entités polluantes à s’acquitter d’une taxe proportionnelle à leurs émissions de CO2.

Cependant, face aux craintes de raviver la colère des « gilets jaunes », le gouvernement français actuel a choisi de temporiser et de repousser discrètement l’application de cette réforme après l’élection présidentielle de 2027. Cette décision délicate met en lumière les tensions entre les impératifs écologiques européens et les préoccupations de pouvoir d’achat des ménages français.

En mai 2025, plusieurs ministres, dont Éric Lombard (Économie), Amélie de Montchalin (Comptes publics), Agnès Pannier-Runacher (Transition écologique) et Marc Ferracci (Énergie), avaient pourtant plaidé auprès d’Emmanuel Macron et François Bayrou, alors chef du gouvernement, pour une mise en œuvre rapide de cette extension du marché carbone. Ils y voyaient une opportunité de financer la décarbonation du pays grâce à cette nouvelle source de revenus. Néanmoins, leur requête a été rejetée, comme l’a révélé Politico, laissant le dossier en suspens.

Cette situation souligne la complexité de la transition énergétique et les défis auxquels sont confrontés les gouvernements pour concilier les objectifs environnementaux ambitieux de l’Europe avec la stabilité économique et sociale de leurs citoyens. La réforme est inéluctable, mais son calendrier reste un enjeu politique majeur.