
Les élections législatives de 2024 ont marqué un tournant politique en France, suite à la dissolution inattendue de l’Assemblée nationale par le Président Emmanuel Macron le 9 juin. Cette décision, prise après la victoire du Rassemblement national (RN) aux élections européennes, visait à provoquer un « sursaut démocratique » face à la montée des « extrêmes » et à redonner la parole aux Français.
Le premier tour, qui s’est déroulé le 30 juin, a vu une participation accrue (66,7%), témoignant de l’engagement des citoyens. Le Rassemblelement National est arrivé en tête avec 33,1% des voix, suivi par le Nouveau Front Populaire (NFP), une coalition de gauche, à 28%. La coalition présidentielle, Ensemble, a obtenu 22% des suffrages.
Malgré les espoirs de Macron de bâtir une majorité élargie, les résultats du second tour, le 7 juillet, ont abouti à une Assemblée nationale encore plus fragmentée. Le Nouveau Front Populaire a remporté le plus grand nombre de sièges (182), devant la coalition présidentielle (168 sièges) et le Rassemblement national (143 sièges).
Cette absence de majorité absolue contraint le pays à une nouvelle ère de cohabitation, où le président doit nommer un Premier ministre issu de la nouvelle majorité parlementaire pour éviter un blocage institutionnel. Bien que le Président conserve certaines prérogatives, notamment en matière de diplomatie et de défense, la capacité du gouvernement à faire adopter ses réformes dépendra largement de sa capacité à forger des compromis au sein d’une Assemblée divisée.
Emmanuel Macron avait appelé au rassemblement des forces « républicaines » et « progressistes » pour contrer les extrêmes, proposant un projet basé sur la sécurité, l’immigration, la laïcité et l’éducation. Cependant, le scrutin a mis en évidence une polarisation politique persistante, complexifiant la formation d’un gouvernement stable et efficace. Les prochaines années s’annoncent donc riches en débats et en négociations pour trouver un chemin commun face aux défis nationaux.






