
Près d’un million de mineurs en France assument le rôle d’aidant familial, s’occupant d’un proche malade, handicapé ou en perte d’autonomie. Souvent, ces jeunes ne se perçoivent pas eux-mêmes comme des aidants, mais plutôt comme des soutiens pour leurs parents déjà épuisés. C’est le cas de Roméo, 14 ans, qui, après l’école, aide sa grand-mère victime d’un AVC. Il l’assiste pour se lever, prépare son goûter, vérifie la prise de ses médicaments et lui tient compagnie en l’absence de ses parents.
Le quotidien de ces jeunes est marqué par des responsabilités qui empiètent sur leur temps libre et leurs activités d’adolescent. Roméo témoigne : « Parfois, j’ai l’impression de passer à côté de mon adolescence ». Les devoirs sont souvent relégués au second plan, attendant que le proche aidé soit couché. Cette situation, bien que vécue comme une évidence par beaucoup, représente une lourde charge émotionnelle et physique.
En France, la définition d’un proche aidant englobe toute personne accompagnant régulièrement une personne dépendante. Ces jeunes aidants, souvent des filles, développent des compétences en matière de soin et d’empathie, mais au détriment de leur légèreté et de leur liberté. Cette réalité soulève des questions sur l’équilibre entre les responsabilités familiales et le droit à une adolescence épanouie. Le courage de ces jeunes est unanimement salué, mais leur situation met en lumière un besoin d’accompagnement et de reconnaissance accru.






