oil-tanker-strait-hormuz-1
L'Iran et Oman sont proches d'un accord sur une nouvelle route pour le détroit d'Ormuz, crucial pour le commerce mondial. Les discussions visent à établir un passage respectant les souverainetés, alors que le détroit est fermé suite aux tensions avec les États-Unis. Cet accord, distinct de la réouverture, est vital pour la stabilité économique régionale.

L’Iran a annoncé être proche d’un accord avec le sultanat d’Oman concernant le détroit d’Ormuz, une voie maritime d’une importance capitale pour le commerce mondial d’hydrocarbures. Cette annonce intervient quelques heures après la suspension des frappes américaines, dans un contexte de tensions persistantes au Moyen-Orient. Le détroit est actuellement fermé par la République islamique depuis le début des affrontements avec les États-Unis en juillet, entraînant des perturbations majeures de l’économie mondiale.

Les négociations entre Téhéran et Mascate visent à définir une nouvelle route pour les navires transitant par cette artère stratégique. Esmaïl Baghaï, porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, a indiqué que les discussions approchaient d’un consensus sur un itinéraire « acceptable pour les deux parties », qui ne serait ni la route nord, ni la route sud. Cet accord, selon lui, respecterait les droits souverains de chaque pays et garantirait les intérêts nationaux et la sécurité de l’Iran. Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a confirmé que les pourparlers étaient « en bonne voie et se trouvaient dans la phase finale ».

Le détroit d’Ormuz est un point de passage étroit reliant le golfe Persique au golfe d’Oman et à la mer d’Arabie, essentiel pour l’exportation du pétrole et du gaz naturel liquéfié de la région. Environ un cinquième de la consommation mondiale de pétrole transite par cette voie. Sa fermeture, imposée par l’Iran suite aux « mesures hostiles » de Washington, a eu un impact significatif sur les marchés mondiaux de l’énergie.

Donald Trump, qui a mis en place un blocus des ports iraniens en réponse à la fermeture d’Ormuz, a appelé à une réouverture « complète et totale » du détroit. Cependant, l’Iran insiste sur le fait que l’accord avec Oman est bilatéral et n’a pas pour objectif direct de rouvrir le détroit, dont la fermeture est attribuée aux actions américaines. Des médiateurs, dont le Qatar et le Pakistan, tentent de relancer un protocole d’accord visant à apaiser les tensions, la question d’Ormuz étant au cœur des discussions.

Ces pourparlers sont cruciaux, d’autant que le département du Trésor américain a récemment imposé des sanctions à des entreprises iraniennes accusées d’extorquer les navires commerciaux transitant par le détroit en exigeant une assurance maritime obligatoire. Une proposition antérieure aurait même envisagé des paiements de péage en cryptomonnaie ou en yuan, ce qui marquerait une intégration inédite des actifs numériques dans le commerce maritime international.