
Alors qu’une Française est dans un état critique suite à une infection par l’hantavirus des Andes, une autre souche du hantavirus circule discrètement en France depuis des décennies. Ce virus, bien que moins médiatisé, est responsable de la fièvre hémorragique avec syndrome rénal, généralement moins grave que les formes américaines. Le décès récent de trois passagers d’un navire de croisière et la contamination de huit autres personnes, dont une Française, ont ramené le sujet des hantavirus sur le devant de la scène internationale.
Le Pr Anne Goffard, virologue au CHU de Lille et chercheuse à l’Institut Pasteur de Lille, souligne que le hantavirus « n’est pas un virus émergent ». En effet, la famille des hantavirus comprend plus d’une cinquantaine d’espèces réparties mondialement. Ces virus sont classés en deux grandes catégories : ceux du « Nouveau Monde », prédominants sur le continent américain, connus pour provoquer des syndromes pulmonaires sévères avec un taux de létalité élevé, atteignant parfois 30% à 60%. En contraste, les hantavirus de « l’Ancien Monde », présents en Europe et en Asie, sont généralement associés à des maladies moins dangereuses.
La souche française, active depuis plusieurs décennies, provoque des infections qui, dans la majorité des cas, ne présentent pas de danger vital immédiat. Cette situation contraste fortement avec la gravité de l’hantavirus des Andes, qui a récemment fait la une. Il est crucial de comprendre la distinction entre les différentes souches et leurs impacts pour mieux gérer la santé publique et informer la population sans créer d’alarmisme inutile. La vigilance reste de mise, notamment face aux rongeurs qui sont les principaux vecteurs de ces virus.






