
Le dollar américain a gagné du terrain jeudi, renforcé par son statut de valeur refuge dans un contexte de tensions croissantes au Moyen-Orient et de flambée des prix du pétrole. Vers 18h50 GMT, la monnaie unique européenne s’échangeait à 1,1375 dollar, marquant une progression de 0,32% pour le billet vert. Face à la livre sterling, le dollar affichait une hausse de 0,44%, atteignant 1,3315 dollar. Le yen japonais a également subi une pression, le dollar grimpant de 0,40% à 163,80 yens, se maintenant ainsi autour de ses plus hauts niveaux depuis quatre décennies.
Les analystes de Convera soulignent que « le dollar américain demeure proche de ses récents sommets, les tensions persistantes au Moyen-Orient pesant sur l’appétit pour le risque ». La situation s’est aggravée avec la déclaration de l’Iran, promettant des représailles continues contre les États-Unis en cas d’attaques. Parallèlement, les rebelles yéménites, alliés de Téhéran, ont ouvert un nouveau front en revendiquant des attaques en mer Rouge, exacerbant l’incertitude géopolitique et augmentant la demande pour le dollar.
Cette dynamique a également affecté l’or, un concurrent direct du dollar en tant que valeur refuge, qui a reculé de 2,04% pour s’établir à 4.4046,09 dollars. Le « greenback » bénéficie également de la forte hausse des prix du pétrole, qui ont bondi de plus de 8% jeudi. Étant donné que le brut est libellé en dollars américains, l’augmentation de son prix incite les cambistes à convertir davantage de devises en dollars pour l’achat de barils, amplifiant ainsi la demande pour la monnaie américaine.
En parallèle, la Banque centrale européenne (BCE) a maintenu son principal taux directeur à 2,25% jeudi, après une augmentation d’un quart de point en juin, la première depuis 2023 en réponse à la hausse des prix de l’énergie. Cependant, la présidente de la BCE, Christine Lagarde, a qualifié d’« alarmante » l’extension du conflit au Moyen-Orient, indiquant que « certains gouverneurs » avaient envisagé une remontée des taux. Les décisions de politique monétaire de la Réserve fédérale américaine (Fed) et de la Banque d’Angleterre (BoE) sont attendues la semaine prochaine. Michael Pearce, économiste chez Oxford Economics, prévoit que la Fed maintiendra ses taux inchangés en juillet, mais s’attend à ce que son président, Kevin Warsh, réaffirme l’engagement de l’institution envers son objectif d’inflation de 2% avec un ton ferme.






