
La déclaration des revenus de location meublée pour 2026, à réaliser en 2027, s’annonce complexe pour de nombreux propriétaires. En effet, la loi Le Meur de 2024, surnommée « loi anti-Airbnb », a modifié les règles du jeu, notamment en ce qui concerne le régime micro-BIC. Ces changements visent à mieux encadrer les locations meublées de tourisme et à rééquilibrer le marché locatif dans les zones tendues. Certains propriétaires, habitués à la simplicité du micro-BIC, pourraient se voir basculer d’office vers le régime réel, avec des implications significatives sur leur fiscalité.
Traditionnellement, les revenus issus de la location meublée sont imposés dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux (BIC). Deux régimes coexistent : le régime micro-BIC, pour les chiffres d’affaires modestes, et le régime réel. Le micro-BIC, prisé pour sa simplicité, offrait un abattement forfaitaire sur les revenus locatifs. Cependant, la loi Le Meur a considérablement réduit l’attrait de ce régime pour les meublés de tourisme non classés. Le plafond de chiffre d’affaires pour bénéficier du micro-BIC pour ces locations est passé à 15 000 euros, avec un abattement réduit à 30 %. En revanche, pour les locations meublées de longue durée et les meublés de tourisme classés, le seuil reste à 77 700 euros avec un abattement de 50 %, voire 83 600 euros pour les revenus 2026 déclarés en 2027 pour les meublés de tourisme classés en zone non tendue.
Le basculement vers le régime réel peut être automatique si les revenus dépassent les nouveaux seuils. Ce régime, bien que plus exigeant en termes de comptabilité, permet de déduire l’ensemble des charges réelles (intérêts d’emprunt, taxes, travaux, amortissements du bien) ce qui peut réduire considérablement l’assiette imposable. Il est même possible d’opter pour le régime réel si vos charges et amortissements dépassent l’abattement forfaitaire du micro-BIC, même si vos revenus sont inférieurs aux seuils. La déclaration au micro-BIC se fait en remplissant la case 5ND de la déclaration 2042-C-PRO, tandis que le régime réel nécessite une liasse fiscale (2031/2033).
Les propriétaires de meublés de tourisme devront également se conformer à des obligations renforcées. La loi Le Meur prévoit notamment l’extension de l’obligation d’enregistrement en mairie à toutes les locations, avec des amendes pouvant aller jusqu’à 10 000 euros en cas de non-enregistrement et 20 000 euros pour un faux numéro. De plus, les maires des communes ont désormais des pouvoirs élargis pour réguler ces locations. À partir du 20 mai 2026, une déclaration via un téléservice national dédié sera obligatoire.






