
L’enclave espagnole de Ceuta est le théâtre d’une crise migratoire d’une ampleur inédite. Près de 60 000 personnes ont afflué depuis le Maroc en seulement trois jours, submergeant les capacités d’accueil de la ville. Cette situation explosive ravive les tensions diplomatiques entre Rabat et Madrid.
Le nombre exact de migrants ayant franchi la frontière reste incertain, mais les estimations oscillent entre 50 000 et 60 000, un chiffre colossal pour une ville de 84 000 habitants. Juan Jesus Vivas, le président du gouvernement local, a souligné que cet afflux représente « 70 % de la population de Ceuta ».
L’arrivée massive de ces milliers de personnes, majoritairement de jeunes Marocains, s’est déroulée de manière continue, avec des rumeurs d’ouverture de la frontière qui se sont rapidement propagées. Beaucoup ont traversé la mer à la nage, souvent avec des équipements de fortune, tandis que d’autres ont longé la digue frontalière. Cette afflux exceptionnel a malheureusement causé la mort de dizaines de migrants, principalement par noyade.
Face à cette situation critique, l’Espagne a dû réagir fermement, déployant l’armée pour contenir le flux et renforcer la sécurité. Des milliers de migrants ont déjà été renvoyés vers le Maroc, mais la pression reste immense sur les infrastructures locales, qui sont complètement saturées.
Cette crise n’est pas sans rappeler celle de mai 2021, où plus de 10 000 migrants avaient déjà atteint Ceuta dans des circonstances similaires, sur fond de différend diplomatique entre les deux pays. La question de la souveraineté de Ceuta et Melilla, deux enclaves espagnoles revendiquées par le Maroc, est un facteur sous-jacent à ces tensions migratoires.






