
La rentrée s’annonce maussade pour l’emploi en France. Après cinq trimestres consécutifs de hausse, le taux de chômage a atteint 8,1 % fin mars 2026, selon l’Insee. Cette augmentation représente 0,7 point sur un an, et les prévisions pour la fin de l’année 2026 ne sont guère plus optimistes, tablant sur un taux de 8,4 %. L’Insee avait d’ailleurs anticipé un taux de chômage de 8,1 % au premier semestre 2026, seuil déjà franchi au premier trimestre. Le nombre de demandeurs d’emploi a augmenté de 68 000 au premier trimestre 2026, portant le total à 2,6 millions de personnes.
Les entreprises françaises font face à un contexte économique difficile, marqué par des coûts de production élevés, une rentabilité en baisse et une pression fiscale pénalisante. Une étude du Meti souligne l’inquiétude des chefs d’entreprise face à ces défis, qui menacent la création d’emplois. Les prévisions de l’OFCE d’avril 2026 anticipent d’ailleurs près de 175 000 destructions nettes d’emplois salariés dans le secteur marchand entre fin 2025 et fin 2027.
Cette situation est exacerbée par une population en capacité de travailler en forte hausse, avec 185 000 personnes supplémentaires sur un an, tandis que les créations d’emplois stagnent. La dégradation est particulièrement notable chez les jeunes de 15-24 ans, dont le taux de chômage a bondi de 2,4 points sur le trimestre pour atteindre 21,5 % au premier trimestre 2026. La Banque de France, bien que notant que le marché du travail « plie mais ne rompt pas », observe une nette détérioration.
Le budget 2027, avec une réduction significative de l’enveloppe du ministère du Travail, risque d’accentuer cette tendance. Des mesures de réduction des impôts de production pourraient pourtant avoir un impact positif sur l’emploi, en stimulant les entreprises à investir et à embaucher, comme le suggèrent certaines analyses économiques. En effet, la France souffre d’un niveau d’impôts de production bien supérieur à la moyenne européenne.






