French-president-Algeria-tensions
Bruno Retailleau accuse Emmanuel Macron d'être l'«otage des chantages mémoriels de l’Algérie», dénonçant une dépendance idéologique et le manque de fermeté face aux OQTF.

Bruno Retailleau, figure des Républicains et candidat à la présidentielle, a vertement critiqué Emmanuel Macron dans un entretien au JDD. Il accuse le président de la République de céder aux «chantages mémoriels de l’Algérie», dénonçant une «dépendance idéologique» qui, selon lui, compromet les intérêts français, notamment en matière d’OQTF (Obligations de Quitter le Territoire Français) et de politique des visas.

Les propos de Retailleau font suite aux déclarations d’Emmanuel Macron, qualifiant de «mabouls» ceux qui souhaitent «se fâcher avec l’Algérie». Le leader LR estime que ce terme n’a «pas sa place dans la bouche d’un président de la République» et révèle «une perte de sang-froid, un mépris aussi». Il insiste sur le fait que le problème n’est pas personnel mais concerne la capacité de la France à «faire respecter» ses intérêts et à «protéger les Français», notamment face aux individus dangereux sous OQTF non repris par l’Algérie.

Retailleau rejette l’argument des médecins algériens dans les hôpitaux français, le qualifiant de «faux prétexte». Pour lui, le véritable enjeu réside dans les «étrangers dangereux sous OQTF», soulignant que les Algériens représentent «plus de 40 % des profils les plus à risque» dans les centres de rétention. Il lie cette situation à une «mauvaise conscience progressiste» du président, qu’il juge «prisonnier» de son discours de 2017 où il avait qualifié la colonisation de «crime contre l’humanité».

Le chef de LR plaide pour une relation franco-algérienne fondée sur la «réciprocité». Il propose de «proportionner la délivrance des visas au niveau de coopération des pays d’origine sur les réadmissions». Retailleau critique l’efficacité de la diplomatie actuelle, notant que «moins d’une centaine d’OQTF [ont été] exécutées depuis le début de l’année», malgré la délivrance de plus de 200 000 visas aux ressortissants algériens en 2025.

Enfin, Bruno Retailleau appelle à dénoncer l’accord franco-algérien de 1968, jugé «profondément déséquilibré et totalement anachronique». Il promet de le faire s’il accède à la présidence, affirmant que la relation avec Alger est un échec diplomatique majeur pour Macron, notamment en Afrique. Sa ligne est claire : «La France doit être respectée, et les Français protégés.»