
Une nouvelle étude de l’Université de Californie à San Francisco (UCSF) révèle une tendance alarmante : les adolescents américains utilisent leur smartphone en moyenne plus de 50 minutes entre 22h et 6h du matin en semaine. Plus de la moitié d’entre eux consultent même leur appareil entre minuit et 4h. Cette utilisation nocturne des écrans, en particulier pour les réseaux sociaux comme YouTube, Instagram et TikTok, ou les jeux vidéo, a des conséquences désastreuses sur la qualité de leur sommeil, pourtant essentielle à cet âge.
Le professeur Jason Nagata, auteur de l’étude et professeur en pédiatrie à l’Université de Californie, souligne que cette « fenêtre critique » de sommeil est indispensable pour le développement cérébral et les apprentissages des jeunes. Les médecins recommandent entre 8 et 10 heures de sommeil par nuit pour cette tranche d’âge. Le réveil des adolescents est parfois dû à des notifications ou à un geste machinal pour consulter leur téléphone lorsqu’ils se réveillent naturellement.
Au-delà du raccourcissement des nuits, l’utilisation des réseaux sociaux, « très stimulante sur le plan émotionnel », empêche de se rendormir sereinement. Le professeur Nagata rappelle que les réseaux sociaux sont associés à des risques accrus de dépression, d’anxiété et de troubles de l’attention, pouvant également affecter les performances scolaires et cognitives. Il recommande vivement de bannir « complètement » les écrans des chambres à coucher.
L’Académie américaine de pédiatrie insiste sur l’importance pour les familles d’élaborer un plan de gestion des écrans. En France, l’Institut national du sommeil et de la vigilance préconise un « couvre-feu digital », encourageant la déconnexion de tous les écrans une à deux heures avant le coucher. Cette préoccupation est d’autant plus pertinente qu’une étude Ipsos a récemment montré que les 16-19 ans passent plus de 5 heures par jour devant les écrans, contre seulement 14 minutes à lire un livre.






