
De nouveaux affrontements ont éclaté dans la nuit du mardi 13 au mercredi 14 janvier à l’est d’Alep, opposant l’armée syrienne aux forces kurdes. Damas cherche à reprendre le contrôle de cette zone stratégique, après avoir sécurisé la grande ville du nord de la Syrie. Selon l’agence officielle SANA, les Forces démocratiques syriennes (FDS), majoritairement kurdes, auraient ciblé des positions militaires et des habitations civiles près du village de Humeima avec des mitrailleuses lourdes et des drones, provoquant une riposte de l’armée syrienne.
Les FDS ont quant à elles déclaré avoir repoussé une « tentative d’infiltration » près du village de Zubayda et signalé des frappes de drones de l’armée, occasionnant « plusieurs blessés ». L’armée syrienne a exigé le retrait des forces kurdes de l’est d’Alep, les sommant de « se retirer vers l’est de l’Euphrate », déclarant la zone comme « militaire fermée ». Un correspondant de l’AFP a constaté l’acheminement de batteries de défense anti-aérienne et d’artillerie syriennes vers le front de Deir Hafer, face aux positions des FDS, qui ont ensuite accusé les forces gouvernementales d’avoir bombardé ce secteur.
Elham Ahmed, responsable des relations extérieures de l’administration autonome kurde, a accusé l’armée syrienne de préparer une « attaque à grande échelle » contre les Kurdes, affirmant que Damas avait « déclaré la guerre » et rompu l’accord du 10 mars 2025. Cet accord visait une intégration négociée des institutions kurdes au sein de l’État syrien. Les négociations sont dans l’impasse alors que le gouvernement du président Ahmed Al-Charaa cherche à reconquérir l’intégralité de la région d’Alep. L’armée a récemment pris le contrôle de toute la ville, délogeant les combattants kurdes des quartiers de Cheikh-Maqsoud et Achrafieh.
Les Kurdes avaient auparavant étendu leur contrôle sur de vastes territoires du nord et du nord-est syrien pendant la guerre civile (2011-2024), notamment après avoir vaincu l’État islamique avec l’aide d’une coalition multinationale. À Kamechliyé, des milliers de manifestants ont protesté contre les combats, brûlant des portraits d’Ahmed Al-Charaa et scandant « Al-Joulani, dégage ! ». Joudi Ali, un habitant, a dénoncé le non-respect des engagements du gouvernement, faisant référence à des massacres de minorités. Le pouvoir syrien s’est officiellement engagé à protéger les minorités, mais des massacres d’Alaouites et des combats avec les Druzes ont eu lieu en mars et juillet 2025. Les combats d’Alep ont fait 105 morts, dont 45 civils et 60 combattants, selon l’OSDH. La défense civile d’Alep a retiré « cinquante corps » des décombres des quartiers kurdes après les combats.







