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Six ans après le coup d'État de 2020, le Mali fait face à une répression accrue des voix dissidentes et une insécurité grandissante. La junte militaire consolide son pouvoir.

Six ans après le coup d’État du 18 août 2020 qui a renversé le président Ibrahim Boubacar Keïta, le Mali traverse une période d’incertitude croissante. La junte militaire, dirigée par le colonel Assimi Goïta, a renforcé son emprise sur le pouvoir, muselant toute opposition. Le 17 août 2026, Mohamed Youssouf Bathily, dit « Ras Bath », célèbre chroniqueur politique, et l’influenceuse Rokia Doumbia ont été condamnés à dix ans de prison, dont trois avec sursis, pour « atteinte au crédit de l’État » et « association de malfaiteurs ». Ce jugement, intervenu à la suite de propos tenus lors d’une émission sur la hausse des prix, symbolise la répression accrue des voix dissidentes par les autorités de transition.

Depuis le putsch, qui a vu des soldats de la base militaire de Kati prendre le contrôle de Bamako, la capitale, la situation sécuritaire ne cesse de se dégrader. Le pays est confronté à une insécurité grandissante due aux attaques des groupes djihadistes et à l’activité de l’Africa Corps, successeur du groupe Wagner dans la région. Les attaques coordonnées de groupes armés non étatiques ont notamment ciblé des centres urbains stratégiques comme Bamako, Gao, Mopti et Kidal en avril 2026, entraînant une instabilité généralisée et des couvre-feux régionaux. Cette escalade a gravement restreint l’accès humanitaire, affectant des millions de personnes. Plus de 737 000 Maliens ont été déplacés et 1,5 million sont confrontés à une insécurité alimentaire aiguë.

Le gouvernement de transition a également restreint les libertés civiles et politiques. En mai 2025, la junte a aboli les partis politiques et interdit les réunions d’opposition, consolidant ainsi le pouvoir d’Assimi Goïta. Un projet de loi a été adopté en juillet 2025, lui accordant un mandat présidentiel de cinq ans, renouvelable. Ces mesures, loin de stabiliser le pays, ont créé un sentiment de chape de plomb, où la corruption et l’insécurité persistent, avec des préoccupations croissantes concernant les droits humains et le rôle des partenaires russes.