Jordan-Bardella-campaign-expenses
La justice a rejeté près de 240 000 euros de frais de campagne de Jordan Bardella pour les élections européennes de 2024, incluant des dépenses de vin, champagne, chauffeur privé et sécurité, jugées non directement liées à l'obtention des suffrages.

La cour administrative d’appel de Paris a confirmé le rejet d’une partie des frais de campagne de Jordan Bardella pour les élections européennes de 2024. Sur les 4,12 millions d’euros de dépenses déclarées, près de 240 000 euros ont été jugés non conformes et ne seront pas remboursés par l’État. Cette décision intervient après un examen minutieux des comptes par la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP).

Parmi les dépenses invalidées, certaines ont suscité l’attention. La justice a notamment écarté 400 euros pour 50 kits de dégustation lors d’une visite au Printemps des vins de Blaye, ainsi que 88 euros pour une bouteille de champagne offerte à Santiago Abascal, chef du parti espagnol Vox, lors d’un meeting à Madrid. La cour a estimé que ces achats n’avaient pas pour finalité directe l’obtention des suffrages des électeurs et ne pouvaient donc pas être considérés comme des dépenses électorales remboursables.

D’autres postes de dépenses plus conséquents ont également été retoqués. Environ 66 544 euros de protection rapprochée lors des passages médiatiques du candidat ont été réintégrés, mais la cour a validé le rejet d’environ 11 000 euros, jugeant certaines prestations « surévaluées ». Des frais de chauffeur privé (3 941 euros), des dépenses de restauration (près de 13 000 euros) et des entrées au Salon de l’agriculture (798 euros) figurent aussi parmi les montants non remboursés.

La juridiction a souligné que l’État ne finance que les dépenses jugées indispensables à la campagne officielle, rappelant que certains frais relevaient du fonctionnement habituel du Rassemblelement national plutôt que de la campagne proprement dite. Au final, le remboursement public accordé à Jordan Bardella s’établit à un peu plus de 4,04 millions d’euros, laissant environ 75 000 euros à la charge du candidat et de son parti.