kibbutz-Baram-border-conflict
La guerre entre Israël et le Hamas, impliquant le Hezbollah, a contraint le kibboutz de Bar'am à reconsidérer son modèle collectiviste après 77 ans. Les habitants évacués ont découvert l'autonomie financière, provoquant une crise profonde remettant en question l'avenir du collectif.

La guerre actuelle aura eu raison de l’un des derniers kibboutzim collectivistes d’Israël, Bar’am, situé à la frontière libanaise. Après avoir été évacués pendant dix-huit mois, ses habitants ont expérimenté l’autonomie financière et une vie éloignée du modèle collectif. Ce retour à Bar’am a provoqué une crise profonde, menaçant de mettre un terme à soixante-dix-sept ans de collectivisme presque intégral.

Gilles, un résident franco-israélien arrivé à Bar’am en 1974, témoigne de la situation. Depuis le sommet d’une colline, il observe les villages libanais de Yaroun et Rmeich, dévastés par l’armée israélienne. Il juge cette guerre « terrible », mais « nécessaire pour que nous puissions rester chez nous en sécurité », affirmant ne plus vouloir quitter leurs maisons à cause du Hezbollah.

Bar’am, fondé en 1949 par d’anciens soldats du Palmach, est un kibboutz laïc situé dans les hauteurs de Galilée. Il se trouve à environ 300 mètres de la frontière libanaise. Le 8 octobre 2023, avec l’entrée du Hezbollah dans le conflit initié par le Hamas, les habitants ont dû quitter leurs foyers.

Historiquement, les kibboutzim sont des communautés rurales fondées sur la propriété commune des biens et l’exploitation collective des moyens de production. Cependant, beaucoup ont connu un virage libéral depuis les années 1990, privatisant les logements et abandonnant certaines pratiques collectivistes.

L’économie de Bar’am repose notamment sur l’agriculture, avec des vergers d’arbres fruitiers et des cultures de maïs et tournesol. Le kibboutz est aussi connu pour son usine Elcam Medical, spécialisée dans les plastiques à usage médical, qui constitue sa principale source de revenus. Il abrite également le musée Bar David d’art juif.

Les kibboutzim en Israël ont vu leur rôle évoluer. D’un mouvement utopique révolutionnaire à ses origines, le kibboutz est souvent devenu un lieu de résidence pour une classe moyenne supérieure, marquant une transition vers la propriété privée. Cette transformation à Bar’am met en lumière les défis auxquels ces communautés sont confrontées face aux réalités économiques et géopolitiques.