
Lors des sessions mensuelles du Parlement européen à Strasbourg, un phénomène inattendu se produit : les eurodéputés français, souvent adversaires dans l’hémicycle, se retrouvent sur un terrain commun à bord du TGV les ramenant à Paris. Ce trajet devient un espace propice aux échanges et à une détente des relations, bien loin des clivages politiques habituels. En effet, de nombreux élus français de tous bords, des Insoumis au Rassemblement national, empruntent le même train du jeudi après-midi, transformant ce voyage en un véritable « écosystème amusant », selon les mots du député européen Les Républicains, François-Xavier Bellamy.
Après la dernière réunion de la saison, sous une chaleur intense, les eurodéputés se pressent vers le TGV inOui de 14h50, à destination de Paris Gare de l’Est. L’application SNCF annonce un trajet sans arrêt d’environ 1h45. Une fois le train en marche, l’atmosphère se détend. Certains se dirigent vers le wagon-bar pour un café et des discussions informelles. François-Xavier Bellamy, par exemple, a été vu déambulant avec son collègue de droite, Christophe Gomart, décrivant une organisation « millimétrée » où « tout le monde a le même agenda » et où l’on arrive et repart ensemble.
Cette proximité forcée permet des échanges plus personnels et moins formels. Gilles Boyer, eurodéputé Renew, souligne que ce train est un « espace hors du temps, sans vernis, sans théâtre », favorisant des discussions impossibles dans le cadre habituel. Valérie Hayer, tête de liste Renaissance, apprécie également ces moments, notamment pour échanger avec des élus LR ou Manon Aubry, dont elle respecte le travail malgré leurs divergences politiques. Ce voyage en train ne supprime pas les désaccords, mais les met entre parenthèses, humanisant les relations entre les élus.






