
L’enclave espagnole de Ceuta, située sur la côte nord du Maroc, fait face à une crise migratoire sans précédent. En l’espace de quelques jours, environ 60 000 migrants ont afflué, submergeant cette ville de 84 000 habitants. Le gouvernement espagnol, pris de court, a reconnu ne disposer d’aucune information préalable sur cet afflux massif. Cette situation a rapidement dépassé un simple épisode migratoire pour devenir une crise aux répercussions internationales.
Le Premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, a qualifié la situation de « quasiment revenue à la normale », tout en dénonçant l’attitude « égoïste » de certains pays de l’Union européenne. Il a également sollicité une réunion d’urgence des ministres de l’Intérieur des 27, demande relayée par vingt-deux dirigeants européens. Un premier bilan fait état de plus de 48 000 personnes retournées au Maroc et, tragiquement, d’au moins 67 migrants décédés en tentant d’entrer à Ceuta. Cet événement dépasse largement la crise de mai 2021, où 12 000 migrants étaient arrivés à Ceuta.
Concernant l’accès au reste de l’UE, les autorités espagnoles ont rappelé que l’entrée irrégulière à Ceuta ne confère pas le droit de rester en Espagne, ni de voyager librement en Europe, conformément aux règlementations de l’espace Schengen. Aucune des personnes entrées illégalement n’a pu quitter Ceuta pour le continent européen.
Le Maroc revendique historiquement Ceuta et Melilla, considérant ces enclaves comme des « présides occupés ». Ces territoires, dotés d’une frontière terrestre sécurisée par des grillages, sont parfois utilisés comme levier de pression diplomatique par le Maroc. Les récentes décisions de la Cour suprême espagnole, la régularisation de migrants ou la perspective d’un changement politique pourraient expliquer cet afflux. La France, via le déploiement de sa « Force frontière d’intervention rapide », et d’autres pays européens comme l’Italie, qui a temporairement suspendu les règles de Schengen avec l’Espagne, ont exprimé leur préoccupation et leur volonté d’agir. Cette crise souligne la complexité et les défis de la gestion des flux migratoires aux portes de l’Europe.







