South-Africa-migrants-leaving
L'Afrique du Sud connaît un exode massif de plus de 160 000 migrants, fuyant les violences xénophobes exacerbées par les élections municipales. Ces attaques ciblent les étrangers, accusés de tous les maux dans un contexte de chômage et de précarité. L'ONU et la CPI sont alertées face à cette crise humanitaire.

L’Afrique du Sud est le théâtre d’un exode massif de migrants, fuyant les violences xénophobes qui s’intensifient à l’approche des élections municipales de novembre. Ces événements tragiques ont déjà fait au moins quatre morts. Plus de 160 000 étrangers ont quitté le pays depuis fin mai, un chiffre alarmant qui met en lumière la crise humanitaire en cours.

Parmi les personnes contraintes de fuir, Godfrey, un homme de 57 ans, a tenté de ramener sa machine à coudre industrielle au Zimbabwe, son unique outil de travail. Cependant, au camp de rapatriement de Musina, les règles sont strictes : un seul bagage est autorisé par sans-papiers. Cette situation illustre les difficultés rencontrées par les migrants, qui perdent souvent le peu qu’ils possèdent en tentant de regagner leur pays d’origine.

La question migratoire est devenue un enjeu central de la campagne électorale, dans un pays confronté à un chômage élevé et à une précarité persistante. Les migrants sont malheureusement devenus des boucs émissaires, accusés de tous les maux. Des groupes anti-immigration, comme Operation Dudula et March and March, gagnent en influence et organisent des manifestations, parfois violentes, ciblant les étrangers en situation irrégulière.

L’ultimatum fixé au 30 juin par certains de ces groupes pour le départ des sans-papiers a provoqué un exil sans précédent. Le Zimbabwe a ainsi enregistré plus de 108 000 retours de ses citoyens depuis juin, et le Malawi près de 47 000. Des pays comme le Nigeria et le Ghana ont également organisé des opérations de rapatriement pour leurs ressortissants.

Cette vague de xénophobie rappelle les violences de 2008, 2015 et 2019, et suscite l’inquiétude de la communauté internationale. L’ONU a notamment alerté sur la recrudescence de ces violences, les liant aux inégalités et au chômage. Deux ressortissants ghanéens ont même saisi la Cour pénale internationale, estimant que ces attaques pourraient constituer des crimes contre l’humanité.