
La décision de Marine Le Pen de se présenter pour une quatrième fois à la présidentielle, malgré sa condamnation pour détournement de fonds publics, rebat les cartes de la campagne. Cette annonce, faite malgré un pourvoi en cassation à l’issue incertaine, force Édouard Philippe et Gabriel Attal à ajuster leur stratégie politique.
Édouard Philippe, candidat d’Horizons, a réagi avec une certaine mesure, déclarant sur France 2 que « la justice a tranché » et qu’il préférait la « battre dans les urnes que la voir disparaître par une décision de justice ». Il a souligné que le choix de Marine Le Pen de se présenter lui appartenait, tout en relevant que ses précédentes positions critiquaient vertement les élus condamnés poursuivant leur carrière politique. Pour Philippe, cette candidature clarifie le paysage politique, lui permettant de se positionner comme le candidat de la raison et de la stabilité face à une adversaire clairement identifiée.
Gabriel Attal, pour sa part, a adopté un ton plus ferme. Sur TF1, il a insisté sur l’importance de l’« exemplarité et la probité » pour sa génération politique, affirmant qu’il y avait une « dimension morale » à se présenter avec un casier judiciaire et une peine pour détournement de fonds publics. Attal cherche ainsi à installer un débat sur la moralité publique, un terrain plus risqué où la moindre fausse note pourrait lui être reprochée.
Marine Le Pen a été reconnue coupable de détournement de fonds publics et de complicité dans l’affaire des assistants parlementaires européens du Front national (désormais Rassemblement national). La cour d’appel de Paris a confirmé sa culpabilité, mais a réduit sa peine d’inéligibilité, lui permettant de facto de se présenter. Elle a également été condamnée à trois ans de prison, dont un an ferme sous surveillance électronique, mais elle a annoncé se pourvoir en cassation, affirmant que cela suspendrait les effets de sa condamnation et lui permettrait de faire campagne sans bracelet électronique. La cheffe de file du RN a clamé son innocence, déclarant avoir les « mains propres » et être « heureuse qu’on rende aux Français leur liberté de voter ».






