
Les effets indésirables des médicaments ne sont pas toujours liés au principe actif. En effet, la manière dont un médicament est fabriqué, incluant les excipients, les procédés et la qualité des matières premières, peut influencer la réaction de l’organisme. Sylvie, patiente traitée pour un cancer du sein, en a fait l’expérience. Pendant huit ans, elle a souffert de chevilles gonflées sans explication. Ce n’est qu’après un changement de générique de tamoxifène que ses œdèmes ont disparu. La seule différence identifiée : l’absence de lactose dans le nouveau comprimé, un excipient pourtant considéré comme inerte.
Les excipients sont des substances sans activité thérapeutique directe, utilisées pour assurer la stabilité, le goût, la forme ou encore l’absorption du médicament. Bien que généralement réputés inactifs, certains, comme les colorants ou les conservateurs, peuvent être biologiquement actifs et provoquer des réactions inattendues.
Une étude menée par l’Université de Californie à San Francisco et les Novartis Institutes for Biomedical Research a révélé que sur 3 296 excipients répertoriés par la FDA, 38 interagissent avec 134 enzymes et récepteurs humains. Ces données suggèrent que de nombreux excipients, bien que peu étudiés, possèdent des effets non évalués sur des protéines humaines cruciales pour la santé.
Les cas d’intolérances ou d’allergies dues à des excipients sont nombreux, surtout lors du passage d’un médicament princeps à un générique ou d’un générique à un autre. Le lactose, l’amidon de blé ou l’huile d’arachide sont des excipients à effet notoire, pouvant déclencher des réactions chez les personnes sensibles. Il est donc crucial de lire attentivement les notices, surtout en cas de changement de traitement ou de délivrance d’un générique.






