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L'affaire Lyhanna secoue la justice française, révélant des dysfonctionnements et provoquant une vague de colère. Le garde des Sceaux réunit les procureurs généraux, tandis que l'opposition dénonce une "faillite collective".

L’affaire Lyhanna, du nom de cette fillette de 11 ans dont le corps a été retrouvé dans le Gers après sa disparition, continue de secouer la France et de susciter une **vague d’indignation**. Au cœur des débats : les dysfonctionnements présumés du système judiciaire, notamment le classement sans suite de plaintes pour viol sur mineures visant le principal suspect. Cette situation a conduit le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, à convoquer une réunion de travail avec les procureurs généraux des 36 cours d’appel de France, dès ce lundi matin.

Édouard Durand, ancien président de la Ciivise (Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants), alerte sur un « déni » persistant face aux violences. Selon lui, plus des deux tiers des plaintes pour ces faits aboutissent à un classement sans suite, faute de preuves suffisantes. Il insiste sur la gravité de la pédocriminalité, qualifiant les agresseurs de « tueurs avec une stratégie », et rappelle que « la parole des victimes n’est pas entendue ».

Du côté politique, la réaction est vive. Sébastien Chenu (RN) dénonce une « ruine programmée de notre système judiciaire » et déplore « l’absence de responsabilité » au sein de la magistrature. François-Xavier Bellamy (PPE) évoque une « faillite collective » et souhaite que les magistrats soient soumis au « principe fondamental » de la « responsabilité individuelle », tout en soulignant l’importance de l’indépendance de la Justice.

Face à cette colère montante, Frédéric Chevallier, président de la conférence nationale des procureurs, appelle à « garder la tête froide », affirmant que la « colère est très mauvaise conseillère ». Il défend l’engagement des magistrats et souhaite attendre les conclusions de l’inspection diligentée par Gérald Darmanin avant de tirer des conclusions. Concernant la demande du garde des Sceaux de réexaminer les 70 000 plaintes concernant des enfants d’ici le 14 juillet, M. Chevallier prévient que cela se fera au détriment d’autres dossiers, soulignant la surcharge de travail des tribunaux.

Le projet de loi sur la justice criminelle arrive à l’Assemblée nationale, un texte qui pourrait être impacté par les retombées de l’affaire Lyhanna. Des députés de gauche et de la majorité souhaitent une « loi intégrale » contre les violences faites aux femmes et aux enfants. Céline Thiébault-Martinez (PS) milite pour un « changement de paradigme » et la création de juridictions spécialisées, inspirées du modèle espagnol.

Gérald Darmanin a réuni les procureurs généraux pour exiger une revue exhaustive des plaintes impliquant des enfants victimes. Il a martelé qu’aucun haut magistrat ne partirait en vacances tant que ce recensement n’aurait pas été effectué. Cette initiative intervient alors que des collectifs féministes et de protection de l’enfance ont appelé à des rassemblements devant les tribunaux pour dénoncer une « défaillance systémique des institutions » et réclamer des actions concrètes.