el-nino-climate-phenomenon
Le phénomène El Niño, d'une intensité « Super », est en approche et menace l'économie mondiale, l'inflation et les banques centrales. Couplé aux tensions géopolitiques, il risque de provoquer des pénuries alimentaires.

Le phénomène climatique El Niño, caractérisé par une augmentation des températures de surface dans le Pacifique équatorial, se profile comme une menace majeure pour l’économie mondiale. Se produisant tous les deux à sept ans, les experts craignent cette année un « Super El Niño », d’une intensité particulièrement forte. Pictet AM anticipe que cet événement pourrait constituer un « nouveau coup dur pour l’économie mondiale, l’inflation et les banques centrales ».

Les inquiétudes sont d’autant plus vives que ce phénomène intervient dans un contexte déjà tendu. La guerre au Proche-Orient a déjà perturbé environ un tiers du commerce maritime mondial d’engrais. Les effets d’El Niño sur les rendements agricoles se manifestent généralement avec un décalage de six à douze mois, ce qui laisse présager des difficultés importantes pour l’approvisionnement alimentaire mondial dans les mois à venir.

La convergence de ces deux chocs d’offre risque de provoquer des pénuries à grande échelle. Des régions clés sont déjà en alerte : l’Inde, par exemple, prévoit des moussons inférieures à la normale, une première depuis trois ans. L’Indonésie et la Malaisie, qui représentent 90% de la production mondiale d’huile de palme, s’attendent également à une baisse significative de leur production. Ces perturbations pourraient entraîner une flambée des prix des denrées alimentaires et une accentuation des pressions inflationnistes, compliquant la tâche des banques centrales.

Face à cette situation, les marchés financiers et les institutions économiques se préparent à faire face à des turbulences. La vigilance est de mise pour les gouvernements et les acteurs économiques afin d’atténuer l’impact potentiel de ce « Super El Niño » sur la stabilité économique mondiale.