
Le président Emmanuel Macron a rendu un vibrant hommage à Marjane Satrapi, l’auteure franco-iranienne de Persepolis, décédée à l’âge de 56 ans. Saluant « une immense artiste », le chef de l’État a souligné la capacité de Satrapi à transformer son enfance iranienne en une « fable universelle » captivante. L’Élysée a mis en avant le succès populaire de sa saga autobiographique en bande dessinée, adaptée en un film d’animation primé, qui a permis à de nombreux lecteurs de s’identifier à son monde « bouleversant » à travers son « œil d’enfant, son ironie, sa tendresse » et ses « démons intérieurs ».
Le premier volet de Persepolis, couronné au festival de BD d’Angoulême en 2001, a été suivi de trois autres tomes. Marjane Satrapi a ensuite co-réalisé l’adaptation cinématographique en 2007 avec Vincent Paronnaud, une œuvre qui a remporté le prix du jury au festival de Cannes. Elle avait dédié ce film « universel » à tous les Iraniens, dénonçant régulièrement les actions de la République islamique d’Iran.
Thierry Frémaux, délégué général du festival de Cannes, a qualifié Marjane Satrapi d’« artiste extraordinaire et femme attachante », incarnant « la joie de la création et la tristesse de l’exil ». En 2005, son album Poulet aux Prunes, également situé en Iran, a été primé à Angoulême et adapté au cinéma en 2011, co-réalisé par Satrapi elle-même. Plusieurs artistes lui ont rendu hommage : Pénélope Bagieu a salué une artiste « décisive », tandis que Joann Sfar a évoqué une « sœur jumelle » ayant « changé le monde avec des bandes dessinées ». Riad Sattouf a affirmé que son œuvre avait « ouvert une voie que beaucoup ont suivie, et moi le premier ».






