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Plus de 13 000 millionnaires en France n'ont pas payé d'impôt sur le revenu en 2024, selon une note de Bercy. La nouvelle contribution différentielle sur les hauts revenus (CDHR) vise à assurer une imposition minimale pour les plus fortunés.

Une récente note de Bercy, transmise au Sénat, révèle un fait surprenant : en 2024, plus de 13 000 foyers fiscaux français, qualifiés de « millionnaires » en raison de leur patrimoine immobilier d’au moins 1,3 million d’euros, n’ont payé aucun impôt sur le revenu. Ce chiffre, qui représente environ 7,3 % des contribuables assujettis à l’Impôt sur la Fortune Immobilière (IFI), confirme les allégations antérieures de l’ancien ministre de l’Économie Éric Lombard, contredites à l’époque par la ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin.

Cette situation soulève des questions sur l’équité fiscale et met en lumière les mécanismes permettant à ces grands patrimoines d’échapper à l’impôt sur le revenu. Parmi les explications avancées par Bercy et les sénateurs figurent les revenus modestes de certains retraités possédant des biens immobiliers de grande valeur, la non-résidence fiscale en France de certains propriétaires, ainsi que l’utilisation de **niches fiscales** et de stratégies d’optimisation fiscale, voire de fraude.

La note sénatoriale évoque notamment le recours aux holdings patrimoniales pour loger les revenus, tels que les dividendes et les plus-values, et l’utilisation abusive du régime d’apport-cession. Ces pratiques peuvent permettre de différer indéfiniment l’imposition des plus-values, les rendant de facto jamais soumises à l’impôt sur le revenu.

Face à cette problématique, une nouvelle mesure a été instaurée par la loi de finances pour 2025 : la contribution différentielle sur les hauts revenus (CDHR). Cette contribution vise à garantir une imposition minimale de 20 % pour les foyers dont le revenu fiscal de référence dépasse 250 000 € pour un célibataire (500 000 € pour un couple), si leur taux d’imposition sur le revenu est inférieur à ce seuil. La CDHR est maintenue tant que le déficit public ne passe pas sous les 3 % du PIB.

L’objectif de la CDHR est de cibler les foyers dont les revenus proviennent principalement de dividendes et de plus-values, souvent imposés à la flat tax, ce qui peut les avantager par rapport aux salariés et indépendants dont les revenus sont soumis à un barème progressif pouvant atteindre 45 % sur les tranches les plus élevées. Un acompte de 95 % de la CDHR estimée doit être versé en décembre 2025 pour les revenus de cette année.