
Gérald Darmanin, ministre de la Justice, a insisté sur la nécessité d’une « révolution collective » pour que la parole des enfants victimes de violences soit non seulement entendue, mais que les sanctions soient à la hauteur de la gravité des crimes commis. Cette déclaration intervient après des réquisitions jugées trop clémentes par des parents de victimes dans une affaire d’agressions sexuelles sur des enfants en milieu périscolaire à Paris.
Le Garde des Sceaux a souligné l’importance de placer les victimes au cœur du procès pénal, plutôt que l’auteur des faits. Il a également rappelé avoir déjà demandé aux procureurs de la République une « très grande sévérité » dans ce type d’affaires. Pour Darmanin, il est clair que la France « traite mal ces violences » et n’écoute pas suffisamment la parole de l’enfant, évoquant un « MeToo de l’enfance » qui ne ferait que commencer.
Parallèlement, Gérald Darmanin a présenté, avec Stéphanie Rist, ministre de la Santé, un projet de loi visant à renforcer la protection de l’enfance. Ce texte prévoit notamment d’harmoniser et de systématiser les contrôles d’antécédents judiciaires pour tous les professionnels encadrant des enfants, qu’il s’agisse des secteurs scolaire, périscolaire, sanitaire ou extrascolaire.
De son côté, Édouard Geffray, ministre de l’Éducation nationale, a annoncé la création d’une « liste noire » pour les personnels ayant eu des comportements inappropriés avec des mineurs à l’école. Cette mesure vise à empêcher ces individus d’être réemployés dans l’Éducation nationale, même en l’absence de condamnation pénale, et ce, grâce à un contrôle d’honorabilité qui deviendra continu.
En outre, Gérald Darmanin s’est dit favorable à l’imprescriptibilité des crimes sexuels commis sur des enfants, une mesure qu’il souhaite voir adopter avant la fin du quinquennat. Il a également proposé l’instauration d’un « juge unique des familles » et d’une « ordonnance de sûreté de l’enfant » pour une protection immédiate des mineurs en danger.






