
Une perquisition a été menée le jeudi 21 mai au palais de l’Élysée, marquant une nouvelle étape dans l’enquête judiciaire sur l’attribution des cérémonies d’entrée au Panthéon. Cette opération fait suite à une première tentative infructueuse le 14 avril, où les enquêteurs financiers s’étaient vu refuser l’accès au nom de l’« inviolabilité » des locaux présidentiels, en vertu de l’article 67 de la Constitution. Ce texte stipule que le président de la République n’est pas responsable des actes accomplis en sa qualité et ne peut être contraint de témoigner durant son mandat. Cependant, des « échanges institutionnels » ont permis le déroulement de cette perquisition.
L’information judiciaire, ouverte en octobre 2025 par le Parquet national financier (PNF), cible des faits présumés de favoritisme, de prise illégale d’intérêt, de corruption et de trafic d’influence. Les investigations se concentrent notamment sur les conditions d’attribution de marchés publics par le Centre des monuments nationaux (CMN) à la société Shortcut Events. Cette entreprise aurait organisé l’ensemble des cérémonies de panthéonisation entre 2002 et 2024, chaque événement étant facturé à l’État environ 2 millions d’euros. Le CMN a cependant attribué la cérémonie de Robert Badinter en 2025 à une autre agence, Auditoire, pour un montant de 2,4 millions d’euros, mettant fin à cette série de contrats avec Shortcut Events.
La dernière perquisition au palais présidentiel remontait à 2018, lors de l’affaire Benalla, sous le premier mandat d’Emmanuel Macron. L’Élysée n’a fait aucun commentaire immédiat sur cette nouvelle perquisition, mais avait précisé lors de la première tentative que la procédure ne visait pas directement le président de la République et que des documents « détachables de l’activité du chef de l’État » seraient transmis sur demande. Cette affaire met en lumière les questions de transparence et de régularité dans l’attribution des marchés publics liés aux grands événements nationaux.






