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Face au blocus du détroit d'Ormuz, l'Irak a rouvert une route terrestre via la Syrie pour exporter son pétrole. Des centaines de camions-citernes traversent désormais le désert vers la raffinerie de Baniyas, un périple éprouvant mais vital.

Face aux perturbations du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz, l’Irak a réactivé une route terrestre via la Syrie pour exporter son pétrole, une solution inédite après deux décennies d’interruption. Cette initiative vise à pallier le blocus de sa principale voie maritime, mais elle est confrontée à des défis logistiques et des conditions extrêmes pour les chauffeurs.

Des centaines de camions-citernes traversent désormais l’Irak et la Syrie, transportant du brut et du fioul des champs pétrolifères de Bassora vers la raffinerie de Baniyas, ville côtière de l’ouest syrien. Là, le pétrole est transvasé dans des pétroliers pour être exporté sur les marchés mondiaux. Un premier convoi de 299 camions-citernes est arrivé au poste-frontière d’al-Tanf avant de rejoindre Baniyas. Une source du secteur pétrolier irakien a indiqué que 178 camions chargés de fioul étaient arrivés à la raffinerie du port de Baniyas. Le directeur général adjoint de la Syrian Petroleum Company, Ahmed Qubbaji, a confirmé le chargement d’un premier pétrolier, estimé à environ 500 000 tonnes, une opération qui devrait durer au moins trois jours.

Ce corridor énergétique, long de 1 200 km, est une réponse à la dépendance de l’économie irakienne aux exportations d’hydrocarbures, qui représentent environ 90 % de ses recettes budgétaires. Le détroit d’Ormuz étant quasiment fermé, l’Irak a dû trouver des alternatives. Cependant, cette solution par camion est coûteuse et limitée en volume par rapport aux capacités maritimes habituelles. Selon un expert géographe, il faudrait environ 10 000 camions pour remplir un seul pétrolier standard, soulignant ainsi l’ampleur du défi logistique.

Les chauffeurs, comme Yasser Shérif, affrontent un voyage éreintant de plus de douze jours dans la chaleur, avec peu d’infrastructures pour le repos. L’attente peut durer des jours aux postes-frontières, notamment à Al-Tanf. Malgré ces difficultés, la Syrie assure le passage sécurisé du pétrole et bénéficie de contrats avantageux, utilisant une partie du pétrole irakien pour ses propres besoins énergétiques.