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Des cas d'hantavirus à bord d'un navire relancent les théories complotistes, malgré les démentis de l'OMS. Les mêmes récits que pour le Covid-19 émergent, évoquant une « plandémie » et une manipulation électorale. L'ivermectine est de nouveau promue, malgré son inefficacité.

Des cas d’hantavirus détectés à bord d’un navire de croisière dans l’Atlantique ont suffi à réveiller la « complosphère », ravivant les théories du complot qui avaient fleuri durant la pandémie de Covid-19. Malgré les assurances de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) affirmant que ces cas n’ont aucun lien avec l’épidémie de 2019, certains y voient déjà une nouvelle crise planétaire orchestrée.

Des figures médiatiques controversées, comme Alex Jones d’Infowars, alertent sur un « Covid 2.0 » planifié par les « mondialistes ». Ces affirmations, souvent relayées sur des plateformes comme X, évoquent une « plandémie » destinée à forcer la vaccination ou le confinement, avec en toile de fond les élections américaines. Selon ces théories, un confinement généralisé obligerait à un vote par correspondance, ouvrant la porte à des fraudes massives, un argument souvent mis en avant par les détracteurs des résultats de la présidentielle de 2020.

Yotam Ophir, spécialiste de la désinformation à l’Université de Buffalo, souligne la persistance de ces théories conspirationnistes bien après la fin des crises sanitaires. Des articles anciens sur la recherche d’un vaccin contre l’hantavirus, des déclarations de Bill Gates sur le Covid, ou même des séries télévisées des années 90 sont instrumentalisés pour étayer l’idée que le virus aurait été délibérément propagé pour réduire la population mondiale ou enrichir l’industrie pharmaceutique. D’autres allégations suggèrent que l’hantavirus serait un effet secondaire du vaccin Pfizer contre le Covid-19.

Ces narratifs s’inscrivent dans une tradition ancienne de soupçon envers les élites, accusées de fabriquer des maladies. Leur diffusion est aujourd’hui accélérée par les algorithmes des réseaux sociaux et parfois alimentée par la sphère antivax. En l’absence de remède ou de vaccin contre l’hantavirus, des personnalités politiques et des médecins radiés prônent l’ivermectine, un antiparasitaire déjà popularisé par la complosphère pendant le Covid. L’ancienne députée trumpiste Marjorie Taylor Greene a qualifié l’hantavirus d’« arme biologique » et des figures comme Mary Talley Bowden, une médecin texane connue pour ses infox, en font l’apologie et la proposent à la vente. Le virologue John Lednicky insiste cependant sur l’inefficacité de l’ivermectine contre ces infections, dénonçant des niveaux extrêmes de désinformation.