
Dans sa onzième et dernière « lettre au président de la République », François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France, a livré son analyse sur les moyens de relancer la croissance économique française. Malgré un contexte mondial incertain, marqué par des chocs extérieurs comme la crise pétrolière, il affirme que la France et l’Europe détiennent « beaucoup des cartes de leur destin économique ». Cette communication annuelle, une tradition républicaine depuis 1945, prend cette année des allures de testament, alors que François Villeroy de Galhau s’apprête à prendre la direction de la fondation des Orphelins d’Auteuil.
Le gouverneur souligne l’importance de « trois réglages » essentiels pour permettre au pays de renouer durablement avec une croissance solide. Il évoque notamment la nécessité de capitaliser sur les atouts structurels de la France, tels que son énergie nucléaire et son épargne privée considérable. Pour lui, il est crucial d’élargir l’horizon au-delà de la gestion de crise ponctuelle et d’adopter une vision à plus long terme pour l’économie nationale.
Parmi les leviers d’action, Villeroy de Galhau insiste sur la maîtrise des finances publiques. Il a régulièrement appelé à une meilleure gestion budgétaire, soulignant que la France fait partie des mauvais élèves de l’Union Européenne en matière de déficit. Une consolidation budgétaire est perçue comme un préalable indispensable pour retrouver des marges de manœuvre et financer les investissements d’avenir.
Enfin, le gouverneur met en avant l’importance des transformations d’avenir, notamment en matière d’emploi, de transition numérique et climatique. Ces domaines représentent des opportunités majeures pour stimuler la croissance et améliorer la compétitivité de l’économie française et européenne. En agissant sur ces trois fronts – finances publiques, exploitation des atouts nationaux et investissements dans les transformations –, la France pourrait, selon lui, se doter des moyens de son ambition économique dans un monde fragmenté.






