
La photographe et journaliste Sandra Calligaro, après de longues années passées en Afghanistan, révèle des témoignages poignants de femmes vivant sous la théocratie misogyne des talibans. Ses lettres sont un acte de résistance face à une oppression croissante. La situation des femmes en Afghanistan est historiquement marquée par un contexte social patriarcal et des périodes d’instabilité. Si des progrès ont été observés après la chute des talibans en 2001, le retour de ces derniers au pouvoir en août 2021 a entraîné de nouvelles restrictions drastiques.
Les talibans ont imposé une interprétation rigoriste de la loi islamique, limitant l’accès des femmes à l’éducation, au travail et à l’espace public. En 2023, l’ONU a qualifié l’Afghanistan de pays le plus répressif au monde pour les femmes. Celles-ci sont interdites d’étudier au-delà de la sixième année et n’ont pas le droit de fréquenter les parcs, les gymnases ou les salons de beauté. Elles sont également soumises à des interdictions strictes concernant leurs déplacements et leur apparence en dehors de leur domicile.
Sandra Calligaro, par son approche humaine et discrète, documente ces vies bouleversées, offrant une voix à celles dont la parole est confisquée. Ses travaux, à l’image du documentaire « Les rêves brisés des Afghanes », témoignent d’une passion sincère et d’un engagement à long terme pour la justesse plutôt que le sensationnel. Elle a notamment pu observer l’effacement progressif des femmes de l’espace public.
Malgré cette répression intense, les femmes afghanes continuent de trouver des moyens de résister, que ce soit en créant de petites entreprises, en suivant des cours clandestins ou en témoignant sur des forums internationaux. En dépit des obstacles, 40% des femmes interrogées par ONU Femmes en 2025 imaginent encore un avenir où le changement et l’égalité sont possibles, un véritable acte de résistance personnelle.
L’exclusion des femmes de la sphère économique devrait coûter 6% du PIB afghan entre 2024 et 2026, soulignant l’impact dévastateur de ces politiques sur l’ensemble du pays. L’accès à l’aide humanitaire est également rendu difficile par les restrictions talibanes, notamment l’interdiction faite aux femmes de travailler pour des ONG ou des organismes des Nations unies.






