
La question de l’orientation politique du rugby anime régulièrement les débats, notamment lors d’événements majeurs comme la Coupe du monde. Une étude menée par l’Ifop en collaboration avec la Fondation Jean-Jaurès, auprès de plus de 3 000 Français, a cherché à démêler les affiliations politiques des amateurs du ballon ovale, qu’ils soient pratiquants ou simples supporters.
Les résultats de cette enquête révèlent une dualité intéressante : si le rugby séduit davantage la France de droite, il est en revanche plus souvent pratiqué par la France de gauche. Cette distinction suggère que l’attrait pour ce sport et sa pratique ne sont pas toujours alignés sur les mêmes préférences politiques. La cérémonie d’ouverture de la Coupe du monde de rugby 2023, orchestrée par Jean Dujardin, a elle-même illustré cette diversité de perceptions, qualifiée de « grandiose » par certains et de « rance » par d’autres, démontrant la multiplicité des regards politiques sur un tel événement.
L’étude souligne également la forte dimension politique du rugby, à travers la présence de personnalités comme le Président de la République lors des entraînements de l’équipe de France, ou l’engagement politique d’anciens rugbymen tels que Bernard Laporte et Jacques Chaban-Delmas. L’implication de Nelson Mandela lors de la Coupe du monde de 1995 en Afrique du Sud témoigne également de la portée symbolique et politique de ce sport à l’échelle internationale.
Le XV de France est perçu comme « représentatif de la France » par une majorité de Français, qu’ils soient de gauche (73%) ou de droite (84%). En comparaison, l’équipe de France de football est considérée comme représentative par 64% des proches de la gauche, contre 59% des proches de la droite. Ces chiffres mettent en lumière une certaine forme d’unité nationale autour du rugby, transcendant les clivages politiques, bien que l’intérêt pour le sport lui-même puisse influencer la perception de la représentativité d’une équipe nationale.






