
Le paysage de l’adoption en France a connu une transformation radicale au cours des deux dernières décennies, avec une chute drastique du nombre d’adoptions, particulièrement à l’international. Alors qu’en 2004, on recensait environ 4 000 adoptions internationales, ce chiffre est tombé à seulement 69 en 2025, marquant une nette régression. Cette tendance force de nombreuses familles, épuisées par les parcours de PMA infructueux, à se tourner vers l’Aide Sociale à l’Enfance (ASE), sans garantie de succès.
Le déclin de l’adoption internationale est multifactoriel. La Convention de La Haye de 1993, privilégiant l’adoption nationale, a fortement contribué à cette baisse en encadrant plus strictement les procédures et en insistant sur le principe de subsidiarité. De nombreux pays d’origine ont également renforcé leurs propres systèmes de protection de l’enfance et réduit les adoptions internationales. Des nations comme la Russie, la Chine et la Corée du Sud, autrefois pourvoyeuses d’enfants adoptables, ont mis en place des restrictions ou des interdictions.
En parallèle, le nombre d’enfants adoptables en France via l’ASE reste insuffisant pour répondre à la demande. En 2022, on dénombrait 4 516 pupilles de l’État, mais beaucoup présentent des besoins spécifiques ou ne sont pas considérés comme directement adoptables, prolongeant ainsi l’attente des familles. L’agrément, obligatoire pour toute adoption, atteste de la capacité des futurs parents à offrir un environnement stable, mais ne garantit en rien l’attribution d’un enfant.
Face à cette réalité, des couples comme Grégoire et sa compagne se retrouvent désemparés. Le parcours, souvent long et semé d’embûches, implique des enquêtes sociales et psychologiques approfondies, menées par les services départementaux. Si l’adoption en France est gratuite, l’adoption internationale engendre des coûts significatifs (voyages, traductions, accompagnement). Cette situation complexe pousse un nombre croissant de familles à abandonner leur projet parental.






