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Les haies bocagères françaises disparaissent à un rythme alarmant, menaçant biodiversité et sols. Un nouveau régime administratif pourrait accélérer le phénomène, suscitant l'inquiétude.

La France fait face à une inquiétante accélération de la disparition de ses haies bocagères, pourtant essentielles à la biodiversité et à la lutte contre l’érosion des sols. Malgré treize réglementations censées les protéger, l’arrachage se poursuit à grande échelle. Un rapport du Conseil général de l’alimentation, de l’agriculture et des espaces ruraux (CGAAER) révèle que « 70 % des haies ont disparu des bocages français », représentant environ 1,4 million de kilomètres.

Le phénomène, loin d’être enrayé, s’est même intensifié ces dernières années, avec la perte de « 23 571 km/an entre 2017 et 2021 », contre « 10 400 km/an entre 2006 et 2014 ». Cette tendance alarmante risque de s’aggraver davantage avec l’entrée en vigueur d’un nouveau régime de simplification administrative dès le 1er juillet prochain, issu des revendications agricoles.

Certains observateurs dénoncent une approche « deux poids, deux mesures », où les impératifs de rentabilité agricole semblent primer sur la préservation de l’environnement. L’agriculture intensive est pointée du doigt, non seulement pour son impact sur les paysages, mais aussi pour les préoccupations croissantes concernant l’utilisation de produits phytosanitaires et leurs conséquences sur la santé publique.

La simplification administrative, si elle vise à faciliter le travail des agriculteurs, suscite des craintes quant à ses répercussions sur la biodiversité. Il est urgent de trouver un équilibre entre les besoins économiques des agriculteurs et la nécessité de préserver un patrimoine naturel vital pour l’équilibre écologique du pays. La communauté agricole et l’ensemble de la société doivent s’engager pour garantir la pérennité de ces écosystèmes fragiles.