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Foodwatch alerte sur des aliments du quotidien, en apparence sains, mais en réalité ultra-transformés et associés à des risques de maladies chroniques. L'association réclame un étiquetage clair.

L’association de défense des consommateurs Foodwatch a récemment mis en lumière la présence d’aliments qualifiés de « sains » qui sont, en réalité, ultra-transformés. Cette enquête dénonce des produits du quotidien, comme le skyr, le lait d’amande, ou encore les carottes râpées, qui seraient associés à un risque accru de maladies chroniques, incluant le diabète de type 2, l’obésité et d’autres affections graves. Les industriels sont pointés du doigt pour des allégations trompeuses masquant des ingrédients ultra-transformés. Ces révélations soulèvent des questions importantes sur la transparence de l’étiquetage alimentaire et l’impact de nos choix de consommation sur la santé publique.

Parmi les produits cités, on retrouve des marques courantes comme le muesli Grainéa (E. Leclerc), les bouillons Knorr (Unilever), le thon Saupiquet, le guacamole L’atelier blini (Labeyrie Fine Foods), les wraps Old El Paso (General Mills), la boisson amande Alpro (Danone), les carottes râpées Carrefour, le Skyr Yoplait (Sodiaal), le P’tit Onctueux Nestlé, et la salade Pierre Martinet. Foodwatch dénonce l’utilisation d’épaississants, d’agents de texture, de conservateurs et d’autres additifs controversés qui ne se trouvent généralement pas dans une cuisine domestique. Ces composants sont considérés comme des marqueurs de l’ultra-transformation, souvent masqués derrière des mentions comme « sans conservateurs » ou « riche en protéines ».

Face à ce constat, Foodwatch milite pour un étiquetage obligatoire de l’ultra-transformation, en complément du Nutri-Score. Selon l’association, plus de 60% des produits emballés en supermarché en France sont ultra-transformés, représentant une part significative des calories ingérées. Audrey Morice, chargée de campagnes chez Foodwatch, souligne la difficulté pour les consommateurs de distinguer les produits sains sans un étiquetage clair. Elle appelle les décideurs politiques à agir rapidement pour informer au mieux les citoyens.

Cependant, cette position est contestée par certains professionnels de l’agro-alimentaire. Jean-François Loiseau, président de l’Association nationale des industries alimentaires (Ania), estime qu’il n’existe pas de définition précise de l’ultra-transformation et que la transformation est essentielle pour la consommation des produits agricoles. Il affirme que l’ultra-transformation n’implique pas nécessairement un risque pour la santé et critique ce qu’il perçoit comme un « diktat » qui effraie les consommateurs et nuit aux salariés du secteur.