
La situation au Moyen-Orient reste extrêmement tendue, marquée par une succession d’attaques et de menaces. Au Liban, la violence s’intensifie. Trois journalistes libanais, dont Ali Shoeib, correspondant vedette de la chaîne Al-Manar pro-Hezbollah, et Fatima Ftouni, journaliste d’Al-Mayadeen, ainsi que son frère, le caméraman Mohammed Ftouni, ont été tués samedi dans une frappe sur leur voiture près de Jezzine, dans le sud du pays. L’armée israélienne a affirmé avoir éliminé Ali Shoeib, le qualifiant de membre de la force Radwan, unité d’élite du Hezbollah, opérant « sous la couverture d’un journaliste » et repérant les positions israéliennes. Le président libanais, Joseph Aoun, a qualifié cet acte de « crime flagrant », tandis que le Premier ministre, Nawaf Salam, a dénoncé une « violation flagrante du droit international humanitaire ».
Par ailleurs, le ministère libanais de la Santé a rapporté sept morts, six Syriens et un Libanais, et neuf blessés syriens, à Haniyé, suite à une frappe. Une autre attaque sur Deir El-Zahrani a fait sept morts et huit blessés. L’armée libanaise a également annoncé la mort de deux de ses soldats dans des frappes israéliennes au Sud, portant le total à sept depuis le début de l’offensive.
En Irak, deux drones visant l’ambassade américaine à Bagdad ont été interceptés par la défense antiaérienne irakienne samedi. Ces drones sont tombés en dehors de la Zone verte, secteur ultra-sécurisé abritant institutions et ambassades. Cette attaque est la première depuis le 18 mars, date à laquelle les brigades du Hezbollah irakien pro-Iran avaient décrété une trêve unilatérale. Un colonel de police-secours et un commissaire ont également été tués, et cinq policiers blessés, dans une frappe à Mossoul, qualifiée d’« agression sioniste-américaine » par le ministère de l’Intérieur irakien. Les États-Unis ont condamné « avec la plus grande fermeté » les attaques en Irak, notamment celle contre la résidence du président du Kurdistan irakien, Nechirvan Barzani, par des milices pro-Iran. Emmanuel Macron a jugé cette attaque « inacceptable » et a appelé à éviter que l’Irak ne soit « entraîné dans l’escalade en cours ».
L’Iran a également été la cible de frappes. L’armée israélienne a annoncé avoir frappé le siège du complexe industriel produisant des armes pour la marine en Iran, ainsi que d’autres sites de production de systèmes de défense aérienne. Le général Effie Defrin a déclaré que l’objectif est de détruire la plupart des capacités de production militaire iraniennes. Plusieurs installations du programme nucléaire iranien ont aussi été visées, notamment le complexe d’eau lourde d’Arak et une usine de production d’uranium dans la province de Yazd. En réponse, les Gardiens de la révolution iraniens ont menacé de cibler les universités américaines au Moyen-Orient si Washington ne condamne pas le bombardement de deux universités iraniennes. Ils ont conseillé aux employés, professeurs et étudiants de s’éloigner d’un kilomètre des campus potentiellement visés.
Du côté des rebelles yéménites houthistes, alliés de l’Iran, ils ont revendiqué deux attaques de missiles contre Israël samedi. Un missile iranien a fait 11 blessés par éclats dans le village d’Eshtaol, près de Beit Shemesh, en Israël. Enfin, les autorités syriennes ont annoncé la fermeture d’un tunnel de contrebande entre la Syrie et le Liban, près de Homs, utilisé par des « milices libanaises ».






