
Les relations entre l’Algérie et la France connaissent un nouveau coup de froid. Alger a fermement protesté contre la prolongation de la détention provisoire d’un agent consulaire algérien en France. Ce dernier est accusé d’être impliqué dans l’enlèvement d’un influenceur, une affaire sensible qui continue d’empoisonner les liens bilatéraux. La convocation du chargé d’affaires français par le ministère des Affaires étrangères algérien souligne la gravité de la situation, qualifiant la décision française de « difficilement justifiable ou recevable ».
Le communiqué algérien prévient que cette décision aura « inévitablement des conséquences sur le cours normal des relations algéro-françaises ». Alger a également dénoncé le « traitement inqualifiable » subi par son agent consulaire, mentionnant une première visite consulaire autorisée le 17 mars. Cette affaire intervient alors que les deux pays amorçaient un certain dégel, marqué par la visite du ministre français de l’Intérieur, Laurent Nuñez, en février à Alger, qui avait permis la reprise de la coopération migratoire et sécuritaire.
Malgré ces efforts de rapprochement, notamment des entretiens entre les chefs de la diplomatie française et algérienne, Jean-Noël Barrot et Ahmed Attaf, la question de l’agent consulaire continue de peser lourdement. L’affaire Amir DZ, l’influenceur algérien dont l’enlèvement a entraîné la mise en examen de l’agent consulaire en avril 2025, a été un catalyseur de la détérioration des relations. Cette crise s’était ajoutée à des tensions déjà existantes, notamment le soutien de Paris à un plan d’autonomie « sous souveraineté marocaine » pour le Sahara occidental, un territoire disputé depuis 50 ans.
Le contentieux autour du Sahara occidental et l’affaire Amir DZ avaient conduit à des mesures de rétorsion diplomatiques, incluant le rappel des ambassadeurs et l’expulsion réciproque de diplomates et agents consulaires. La nouvelle convocation du chargé d’affaires français montre que, malgré les tentatives de décrispation, les tensions diplomatiques persistent et que la résolution de l’affaire de l’agent consulaire algérien est désormais cruciale pour l’avenir des relations entre l’Algérie et la France.






