
Des enquêteurs de l’ONU ont révélé que des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité auraient pu être commis lors des violences qui ont frappé la province druze syrienne de Souweïda en juillet dernier. Ces affrontements ont causé la mort de plus de 1 700 personnes. Fionnuala Ni Aolain, membre de la Commission d’enquête des Nations unies sur la Syrie, a souligné que les graves violations perpétrées par les forces gouvernementales et les groupes armés druzes pourraient effectivement constituer des crimes de guerre.
La province de Souweïda, majoritairement druze et située dans le sud de la Syrie, a été le théâtre de violents affrontements entre combattants druzes et Bédouins sunnites. L’intervention des forces gouvernementales et de tribus venues d’autres régions a aggravé la situation. Le dernier rapport de la Commission d’enquête des Nations unies sur la Syrie fait état d’« exécutions, d’actes de torture, de violences sexistes et d’incendies de maisons à grande échelle » dans ce territoire contrôlé par les Druzes, adeptes d’une religion ésotérique issue du chiisme ismaélien.
La commission, qui mène des investigations sur les violations du droit international en Syrie depuis 2011, a identifié « trois vagues de violences simultanées » à Souweïda entre le 14 et le 19 juillet 2025. Ces événements tragiques ont entraîné la mort de plus de 1 700 personnes et le déplacement de près de 200 000 habitants. La première vague, du 14 au 16 juillet, a été la plus meurtrière, avec des « meurtres, tortures, détentions arbitraires et pillages » commis par les forces gouvernementales et les combattants tribaux contre les civils druzes.
Dans une deuxième phase, à partir du 17 juillet, après le retrait des forces gouvernementales suite à des frappes aériennes israéliennes, des groupes armés druzes ont attaqué des civils bédouins. Par la suite, du 17 au 19 juillet, des combattants tribaux ont ciblé des civils druzes en représailles. La commission a également mis en lumière le rôle des frappes israéliennes, qui ont non seulement causé des pertes civiles mais ont aussi « alimenté les accusations de trahison » et provoqué des représailles. La province reste profondément divisée, et les 200 000 déplacés ne peuvent toujours pas regagner leurs foyers. Paulo Pinheiro, président de la commission, a insisté sur l’urgence de demander des comptes à tous les responsables pour rétablir la confiance et aborder les causes profondes du conflit.






