
La prime de partage de la valeur (PPV), succédant à la « prime Macron » depuis août 2022, connaît un déclin significatif en 2025, d’après les observations de l’Insee. Après avoir atteint 4,57 milliards d’euros en 2023 et 3 milliards en 2024, les versements aux salariés des secteurs marchands non agricoles sont tombés à 2,9 milliards d’euros en 2025. Cette tendance à la baisse est confirmée par le Centre études & data du Groupe Alpha, qui révèle que seulement 20 % des accords de négociations annuelles obligatoires (NAO) pour 2026 prévoient une PPV, contre 22 % en 2025.
Plusieurs facteurs expliquent ce recul, notamment la perte d’attractivité fiscale du dispositif. Fabien Toutlemonde de l’Insee souligne qu’initialement exonérée de cotisations sociales sous certaines conditions, la PPV est désormais soumise, depuis le 1er janvier 2024, aux prélèvements sociaux habituels comme la CSG et la CRDS. De plus, l’exonération de l’impôt sur le revenu, qui bénéficiait auparavant à tous les salariés gagnant jusqu’à trois fois le SMIC, est désormais réservée aux employés des entreprises de moins de 50 salariés.
Cette modification a des conséquences directes sur la distribution de la prime. Antoine Rémond du Groupe Alpha constate que la fréquence et le montant moyen de la PPV sont plus élevés dans les petites et très petites entreprises (PME et TPE). En 2025, les employeurs de moins de 50 salariés ont versé 66 % du montant total de la PPV, et 59 % des bénéficiaires travaillent dans cette catégorie d’entreprises. Le montant moyen perçu par salarié s’élève à 1 175 euros dans les entreprises de moins de 10 salariés, mais diminue à 638 euros dans celles de 2 000 salariés et plus.







