
La taxe d’enlèvement des ordures ménagères (TEOM), souvent éclipsée par la taxe foncière, est sous le feu des critiques en raison de son augmentation constante. Entre 2020 et 2022, la TEOM a grimpé de 6% en moyenne, passant de 118 à 125 euros par an, selon une enquête de l’UFC Que Choisir. Certaines communes ont même vu cette taxe flamber de 40% sur cette période. La tendance à la hausse devrait se poursuivre, avec une prévision de 144 € par habitant en 2025, soit une augmentation de 20 % en cinq ans.
Cette augmentation est principalement due à plusieurs facteurs. D’une part, la revalorisation annuelle des bases cadastrales joue un rôle significatif. D’autre part, la hausse de la Taxe générale sur les activités polluantes (TGAP), que les collectivités doivent payer pour les déchets brûlés ou stockés, impacte directement le coût de la TEOM. À cela s’ajoutent les surcoûts liés à l’adaptation de la collecte au contexte sanitaire et la baisse des recettes issues de la valorisation des matériaux recyclables pendant la pandémie.
Le mode de calcul de la TEOM, basé sur la moitié de la valeur locative cadastrale du logement, est pointé du doigt. Il ne tient pas compte de la quantité réelle de déchets produits par un foyer, ce qui signifie qu’une personne seule peut payer le même montant qu’une famille nombreuse. Cette absence de lien direct avec le service rendu génère un sentiment d’injustice chez de nombreux contribuables.
Les disparités sont également importantes d’une commune à l’autre. En 2024, le montant de la TEOM varie considérablement, allant de 63 euros par an à Brest à 217 euros à Marseille, ou 215 euros dans le 1er arrondissement de Paris. Pour 2023, la TEOM a rapporté environ 8,6 milliards d’euros aux municipalités et intercommunalités françaises, contre 7,9 milliards en 2022, soit une augmentation de 8%.
Face à ces hausses et à l’opacité des coûts, des villes comme Mantes-la-Jolie (+86,1%), Rennes (+31,3%) ou Montpellier (+18,4%) ont connu les plus fortes augmentations en 2023. Les collectivités optent souvent pour la TEOM plutôt que la Redevance d’Enlèvement des Ordures Ménagères (REOM) car elle est prélevée avec la taxe foncière, simplifiant la collecte et la gestion des impayés, mais rendant la taxe moins visible pour les contribuables.






